JOURNÉE MONDIALE des HÉPATITES 2009 : Le 19 mai, "Où sont les séropositifs ?"
Actualité publiée le 20-05-2009
Dépistage
Si l’on en croit les propos peu optimistes des Prs Daniel Dumeaux et Jean-Michel Pawlotsky (CHU Henri-Mondor, Créteil), spécialistes du foie et de ses infections virales (hépatites), le déficit en dépistage de l’hépatite virale B est désormais déficitaire par rapport à celui de l’hépatite C, qui occupe le terrain de façon beaucoup plus efficace en termes d’information, de préoccupation de dépistage et de traitement. Constat décourageant entendu à la veille de la Journée mondiale des hépatites, ce mardi 19 mai, alors que ces deux spécialistes présentaient l’ouvrage qu’ils ont coordonné : Hépatite B (1) avec une cinquantaine d’auteurs.
Non, il n’y a pas matière à se décourager, mais il faut de nouveau insister sur la nécessité de recourir le plus souvent et le plus tôt possible au dépistage dans un laboratoire d’analyses de biologie médicale, parce que de nos jours, ce dépistage est parfaitement au point, et que par ailleurs le virus de l’hépatite (à virus) B entraîne l’apparition de marqueurs, qu’il s’agisse de ses antigènes (HBs Ag, le plus connu) ou des anticorps spécifiques formés à différents moment du cycle du virus.
Le problème posé par les virus des hépatites est leur haute contagiosité : sueur, sang, sperme (hépatites = IST), contact directe, procédures médicales invasives de plus en plus rarement comme la transfusion. On estime que les hépatites virales touchent 1 personne sur 12 dans le monde, ce qui représente un nombre de porteurs chroniques considérables, ce qui explique aussi la haute prévalence des hépatites due à leur forte contagiosité. En France, on estime à 500 000 le nombre de porteurs chronique des virus B et C, les porteurs de B étant désormais plus nombreux.
On pourrait parler d’une mauvaise gestion de la prévalence des hépatites, surtout la B, pas seulement en France d’ailleurs. Ce n’est pas faute de la part des spécialistes de formuler des recommandations régulières. Ainsi dans Hépatite B, on trouvera en français les dernières recommandations (d’autres disent guidelines) de l’EASL (European association for the study of the liver), l’Association européenne pour l’étude du foie, qui surviennent opportunément alors que le ministère de la Santé lance un plan 2009-2012 de lutte contre les hépatites.
Parallèlement est lancée en direction du public une campagne d’incitation au dépistage biologique (2), en passant par le médecin traitant : il semble que le dépistage subisse un fléchissement nocif pour la santé publique. Les Prs Dhumeaux et Pawlotsky sont partisans d’un dépistage universel –dès l’adolescence car, disent-ils, une enquête épidémiologique menée en France par l’Institut de veille sanitaire vient de montrer que l’importance de l’hépatite B a été largement sous-estimée !
En effet, contrairement à ce qui était admis jusque là, il y a donc plus de porteurs chroniques du virus B que du virus C, mais aussi que du VIH : 300 000, soit 0,7 % des adultes - 220 pour le virus C, 100 000 pour le VIH.
Pourtant, face à ce constat, on n’est pas désarmé. Un vaccin efficace est disponible, il figure au calendrier vaccinal car il fait partie des vaccins prescrits dans l’enfance. Mais comme disent les deux auteurs, il y a aussi chez nous « le problème franco-français » (nulle part ailleurs !) qui attribue à ce vaccin la responsabilité d’affections démyélinisantes (dont sclérose en plaques), et a suscité des polémiques ayant entraîné une chute spectaculaire de la couverture vaccinale.
Il y a aussi des traitements de plus en plus efficaces : interférons, antiviraux (entécavir, ténofovir). Le traitement d’une hépatite B peut être long, très long : 3 à 5 ans peut-être plus. Cela pose des problèmes d’indication, d’observance et peut-être aussi de résistance du virus à certains antiviraux. De nouveaux traitements, plus ciblés, sont en développement.
Vacciner les Français, traiter les séropositifs pour le virus B, encore faut-il les rencontrer… La France est le pays le moins bien vacciné d’Europe, enfants, ados et adultes, alors que le risque de contamination augmente avec l’âge. L’incitation au dépistage doit être relancée dans tous les groupes de population, notamment ceux issus de pays de haute endémie, pays sans prise en charge n’est pas adéquate : des mesures spécifiques sont, ici surtout, indispensables…
Auteur : Jean-Marie Manus, Conseiller pour la santé publique, Santé log, le 19 mai 2009
(1) Editions Médicales et scientifiques EDK, 540 pages, 60 euros. Disponible dans les librairies médicales. Edité avec le soutien du laboratoire Roche Pharma.
(2) www.hepbinfo.fr, campagne Bristol-Myers-Squibb et SOSHépatites (posters)
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Cette actualité a été publiée le 20/05/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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