JOURNÉE MONDIALE du REIN 2010 : Le 11 mars, "Pour favoriser l'accès à la greffe"
Actualité publiée le 12-03-2010
« Demain, la Greffe »
A l’occasion de la journée mondiale du rein, « Demain, la Greffe » alerte sur une situation française en matière de transplantation rénale de plus en plus critique. Le nombre de greffes réalisées diminue alors que le nombre de patients en attente augmente régulièrement. Pourtant, souligne le laboratoire d'idées, il y a, avec la greffe non seulement une amélioration considérable de la qualité des soins, réclamée par les patients et les médecins mais aussi un gisement d’économie très important : La réalisation de 3.000 greffes de rein correspondrait à une économie de 90 millions d’euros chaque année, soit à un cumul sur 10 ans de près de 1,7 milliards d’euros…
On dénombre un greffon rénal disponible pour 4 patients qui en auraient besoin, avec une tendance à une aggravation de la situation : Le nombre de greffes réalisées plafonne depuis 2007 et a diminué sensiblement en 2009 (2.826), tandis que le nombre de patients en attente augmente régulièrement (+ 5% en 2009, soit 10.664 malades). Un bilan catastrophique en termes humains, explique le laboratoire d'idées « Demain, la Greffe » mais aussi économiques (la dialyse coûte au bas mot 4 fois plus cher que la greffe).
Le jeudi 11 mars 2010, la Journée Mondiale du Rein est organisée dans 37 pays afin de sensibiliser l’opinion à l’impact des maladies rénales sur la santé publique. 3 millions de français seraient concernés par une maladie des reins. Environ 35.000 d’entre eux sont soumis à un traitement par dialyse, tandis que 30.000 ont pu retrouver une vie pratiquement normale grâce à une greffe de rein. La transplantation rénale est une option thérapeutique pour les malades dont les reins ne fonctionnent plus : elle améliore leur état de santé qui se dégrade sous dialyse, leur qualité de vie et celle de leurs proches et leur permet d’espérer vivre en moyenne 3 fois plus longtemps, en comparaison de la dialyse.
La greffe de rein devient de plus en plus difficile en France : Les résultats 2009 de l’activité de prélèvement et de greffe sont particulièrement préoccupants. Au-delà de la tendance générale à l’augmentation du nombre de patients dans l’attente, des inégalités d'accès à la transplantation rénale sur le territoire sont aussi à souligner : les durées d’attente vont de quelques mois à plusieurs années en fonction du lieu d’inscription des patients : 50% des patients de moins de 60 ans ne sont toujours pas inscrits sur la liste d’attente 18 mois après le démarrage de la dialyse, alors qu’il est prouvé que l’allongement de la période de traitement par dialyse a une influence négative sur le succès de la greffe à venir…
Des leviers efficaces de lutte contre la pénurie sont connus, comme le recours à de nouveaux types de greffons, prélevés sur des donneurs vivants et sur des donneurs décédés suite à un arrêt cardiaque et l’élargissement du cercle des donneurs vivants potentiels aux amis du receveur, une mesure pourtant réclamée par les associations comme par les professionnels. Mais,
-223 personnes seulement (soit 8% des greffes) ont « pu » donner un rein à un de leurs proches en 2009
-70 greffes de rein seulement ont été réalisées à partir de reins prélevés sur 62 donneurs décédés après arrêt cardiaque. Des chiffres qui, selon « Demain, la Greffe », restent très faibles et peu conformes aux espoirs suscités par le démarrage de ce programme en 2006.
La question économique : Outre les aspects humains, la question économique se pose avec acuité car la prise en charge de l’insuffisance rénale terminale en France représente actuellement un coût d’environ 4 milliards d’euros par an pour l’Assurance Maladie, soit près de 3% de son objectif national de dépenses. Le coût moyen remboursé chaque année pour un patient en hémodialyse s’élève à environ 80 k€, il est donc 4 fois supérieur à celui d’un patient transplanté au-delà de la première année.
Cette différence reste très méconnue : seuls 25% des parlementaires sont conscients des économies de santé liées à la transplantation rénale.
La réalisation de 3.000 greffes de rein correspondrait à une économie de 90 millions d’euros chaque année, soit en cumulant sur 10 ans près de 1,7 milliards d’euros ! Des coûts supplémentaires, liés à l’incapacité de travail de la plupart des patients dialysés, au recours aux dispositifs de prévoyance et aux minimas sociaux, etc. doivent également être pris en compte.
Demain, la Greffe est un laboratoire d'idées - think tank – indépendant, créé par Christian Baudelot, Professeur émérite de sociologie à l'Ecole normale supérieure, Chercheur au Centre Maurice Halbwachs (Ens, Ehess, Cnrs), Yvanie Caillé, Directrice du développement de l'Université Pierre et Marie Curie, membre du Conseil d'Orientation de l'Agence de la biomédecine, Stéphanie Gourdon, de 2003 à 2006 bénévole à la FNAIR où elle a été membre de la Commission transplantation, Sylvie Mercier, médecin conseil du régime général de l’assurance maladie, rédactrice en chef, entre 1992 et 2008, de la revue FNAIR. Demain la Greffe a ensuite été rejoint par de nombreuses personnalités et réunit aujourd’hui des patients, des professionnels de santé, des représentants de la société civile, élabore et diffuse des propositions concrètes sur les grands enjeux médicaux, sociétaux et humains liés à cette pratique : La pénurie d’organes est en France une réalité, or, selon le laboratoire d’idées, des solutions existent et d’autres sont à inventer.
Source : Communiqué Demain, la greffe, adaptation, mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 11 mars 2010 Visuels European Kidney Health Alliance (EKHA)
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Cette actualité a été publiée le 12/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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