La DÉPRESSION touche aussi 1 père sur 5 dans la première année de l'enfant
Actualité publiée le 07-09-2010
Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine
Les deux parents seraient plus à risque de dépression dans la première année suivant la naissance de l'enfant. Car ces résultats concernent également les pères, mais de façon moins prononcée puisque 20% des pères éprouvent un épisode de dépression entre la naissance de leur enfant et leur 12e anniversaire, alors que c’est le cas de plus d’un tiers des jeunes mères. Le taux d’épisodes dépressifs est de loin le plus élevé dans la première année qui suit la naissance, selon cette nouvelle étude britannique, publiée au 7 septembre, dans l’édition en ligne des Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine, une des revues du JAMA.
«La dépression chez les parents est associée à des facteurs comportementaux, cognitifs et aux résultats du développement de leurs enfants», écrivent les auteurs en introduction. "Bien que la dépression post partum et durant les premières années de la vie de l’enfant est aujourd’hui un phénomène bien établi, il ya moins d'études sur la dépression paternelle ». Les chercheurs du Medical Research Council (Londres) ont examiné l'incidence, les tendances et les facteurs possibles de la dépression parentale sur 86.957 familles reçues dans des structures de soins primaires britanniques entre 1993 et 2007. La dépression des mères et des pères a été identifiée en utilisant les codes bien établis de diagnostic.
Globalement, entre la naissance et le 12 è anniversaire de leur enfant, 19.286 mères ont présenté 25.176 épisodes de dépression et 8.012 pères, 9.683 épisodes de dépression. Le taux de dépression s’élève à 7,53% pour les mères et par an et à 2,69% pour les pères et par an. Les taux les plus élevés sont observés durant la première année suivant la naissance de l’enfant, avec des taux de 13,93% pour les mères et de 3,56% pour les pères.
Les antidépresseurs également en cause..."Ces taux élevés de dépression dans la période post-partum ne sont pas surprenants compte tenu du stress possible associé à la naissance d'un bébé, la réduction de la durée de sommeil des parents, la nouveauté des responsabilités, et la pression sur la relation du couple ", expliquent les auteurs. "Mais le taux élevé de dépression parentale dans la première année suivant l'accouchement peut également être du à une reprise de l'utilisation d’antidépresseurs après une pause pendant la grossesse et l'allaitement."
Car les parents qui avaient des antécédents de dépression, plus souvent les plus jeunes et les plus socialement défavorisés sont plus susceptibles de développer une dépression. "Il existe un lien bien établi entre la dépression et une situation socio-économique difficile, tant dans la population générale que chez les parents. Stress de la pauvreté, chômage, précarité d’emploi, absence de soutien social viennent alors s’ajouter au stress possible de la naissance. En outre, «les jeunes parents peuvent être moins bien préparés à la parentalité avec des grossesses non planifiées et moins en mesure de composer avec le stress que des parents âgés ».
Les résultats suggèrent donc qu'il existe un vrai besoin de prévention par détection de la dépression chez les jeunes mères et pères, et que les cliniciens devraient être plus fortement conscients des facteurs de risque de dépression chez les parents.
Les auteurs prévoient de nouvelles recherches pour étudier l’ensemble des facteurs associés à la dépression parentale, comme la qualité de la relation du couple, les événements stressants de la vie, mais aussi les effets de la dépression maternelle et paternelle sur la santé des enfants et leur développement.
Source : Arch Pediatr Adolesc Med. 6 Septembre 2010. Doi: 01.1001/archpediatrics.2010.184. , traduction, adaptation, mise en ligne, Claire Tancrède, santé log, le 7 septembre 2010
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Cette actualité a été publiée le 07/09/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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