La GRIPPE H1N1 va-t-elle devenir une maladie NOSOCOMIALE ?
Actualité publiée le 25-10-2009
Contamination
La non vaccination des soignants ou d’une majorité des professionnels de santé, va-t-elle faire de la grippe une maladie nosocomiale, c’est-à-dire une infection que le patient peut contracter à l’hôpital (ou en ambulatoire) alors qu’il y est pris en charge pour une autre pathologie ? Si un patient est contaminé par un soignant ayant refusé de se faire vacciner, pourra-t-il demander réparation ?
La maladie nosocomiale est une infection contractée en établissement de soins, soit du fait de l’admission de patients déjà porteurs d’un pathogène non encore été dépistés, soit du fait de germes résistants dans l’établissement, soit encore du fait de soignants porteurs sains demeurant sur leur lieu de travail… comme l’a évoqué une récente réunion organisée par le laboratoire bioMérieux sur le thème des infections nosocomiales.
La notion d’infection nosocomiale s’est élargie à la ville, même si nosocomial dérive du latin signifiant hôpital.
Le risque de contamination de patients par des soignants mal ou non protégés de maladies vaccinables, par exemple, a déjà été évoqué par le passé, un passé récent même, notamment par le Pr William Dab, qui fut un temps Directeur général de la Santé. C’était en 2004 : selon les chiffres de la DGS, 15 % seulement des professionnels de santé étaient vaccinés contre la grippe. Compte tenu de la contagiosité de cette pneumonie virale, ce score doit absolument être relevé, disait William Dab : pour se protéger eux-mêmes, ne pas être vecteurs de contagion et pouvoir continuer leur tâche au plus fort de l’épidémie…
Le faible taux de vaccination des personnels de santé : La grippe conserve encore, chez les soignants comme dans le public, une image de maladie saisonnière bénigne. Est-ce la seule raison qui explique non seulement le très faible taux de vaccination des professions de santé mais aussi, comme actuellement, une opposition d’emblée à la vaccination spécifique, celle qui concerne la grippe pandémique à virus A/H1N1 ? Opposition notée dans un sondage en population… sur guère plus d’un millier de sujets, il est vrai…
Cette opposition dans le corps médical et paramédical hospitalier inquiète fortement le Directeur général de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Benoît Leclercq, qui a communiqué aux personnels des établissements de l’AP-HP l’inquiétude du Pr Brun-Buisson, président du Comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) de l’AP-HP. « Je vous transmets le message du président du CLIN de l’AP-HP, qui souligne l’importance de la vaccination du personnel, explique M. Leclercq. Les données épidémiologiques actuellement disponibles et l’analyse des informations venant de l’hémisphère sud indiquent que nous sommes au début de la montée en charge de l’épidémie, qui comportera un nombre important de formes graves ».
Réanimateur, le P Brun-Buisson souligne : « Il est indispensable et urgent que ces données soient utilisées par les réanimateurs, hygiénistes, cadres et directions, et toute autres personnes concernées, pour diffuser largement et rapidement ces informations dans leurs hôpitaux respectifs afin d'inciter le personnel à se faire vacciner pendant qu'il en est encore temps.
« En effet, les informations aujourd’hui disponibles - et avec les réserves d’interprétation liées au recul de seulement 72 heures -, semblent indiquer que le degré d'acceptation du personnel non médical, mais aussi des médecins, dans cette première semaine de vaccination H1N1 (débutée le 21 octobre-NDLR) est totalement affligeant ! ».
« La mobilisation de toutes les personnes de bon sens pour encourager la vaccination est indispensable ; les chefs de services et cadres doivent être mobilisés dans tous les hôpitaux de l'AP-HP : il est aussi de leur responsabilité d'inciter les personnels qu'ils dirigent à se protéger ainsi que leur entourage personnel et professionnel en se faisant vacciner.
El le président du CLIN de l’AP-HP conclut : « Il est de notre devoir à tous de rappeler à l'ensemble du personnel, et de s'assurer qu'il le comprenne bien, que personne ne sera plus exposé a la grippe A/H1N1 qu'eux-mêmes, et que lorsqu'il y aura eu, ne serait-ce qu'un décès parmi notre personnel après X jours de ventilation mécanique… il sera trop tard ».
Les données épidémiologiques indiqueraient qu’il resterait au maximum 2 semaines avant la vraie montée en charge de l'épidémie... c’est à dire le possible deuxième vague. Ce double appel a pour but d’éviter que l’hôpital mais aussi la ville devienne des foyers d‘infections nosocomiales. La question commence à se poser :
Si un patient est contaminé par un soignant ayant refusé de se faire vacciner, pourra-t-il demander réparation en justice ? Des juristes devraient répondre sur le cas spécifique A/H1N1…
Auteur : Maurice Chevrier, Santé log, le 25 octobre 2009
Source principale : message de l’AP-HP
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Cette actualité a été publiée le 25/10/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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