La santé devient-elle hors de prix ?
Actualité publiée le 26-11-2009
Médicaments et dépenses de santé
C’est un moment bien opportun pour Michel Edouard Leclerc pour reprendre sa croisade pour des médicaments moins chers. Une étude Jalma/CSA conclut à un doublement des dépenses santé des Français sur 8 ans. Dans le même temps, un sondage Ipsos, réalisé pour Leclerc conclut que la moitié des Français ont constaté une augmentation de leurs dépenses santé ces dernières années et qu’un Français sur trois a déjà renoncé à acheter un médicament non remboursé en raison de son prix. Le projet de loi de finances de la Sécurité sociale 2010 (PLSS) va dérembourser de 35 à 15% 110 médicaments à service médical rendu jugé insuffisant, le forfait journalier augmente, un « gap pour le consommateur» qui ne serait pas pris en charge. Alors, la santé ? ramenée au pouvoir d’achat ?
De quels médicaments s’agit-il ?
Michel Edouard Leclerc s’adresse directement à l’opinion publique par le biais de son site «sesoigner-moinscher» et d’une nouvelle campagne de communication, lancée vendredi 20 novembre en télévision et déclenche la réaction des professionnels de l’officine. Leclerc souhaite dispenser les médicaments qui ne sont pas remboursés par la Sécurité Sociale, dont la prescription médicale est facultative. Ces médicaments non remboursés traitent plusieurs types de pathologies organisées en 16 classes thérapeutiques. Plus de 80% de ces médicaments se concentrent sur les 6 premières classes thérapeutiques : Les antalgiques, les veinotoniques, les médicaments des voies respiratoires et des voies digestives, les vitamines, minéraux et nutriments, les produits de soin dermatologiques.
Les Français estiment que leurs dépenses de santé augmentent : Leclerc a donc sollicité Ipsos pour réaliser un sondage, qui porte sur l’interview de 946 personnes. Ses principaux résultats : la moitié des Français (50%) estiment que leurs dépenses liées aux médicaments, au cours des trois dernières années, «ont augmenté», ce taux atteignant 58% chez les personnes attentives au prix des médicaments non remboursés. Un tiers des Français (36%) déclare qu’il leur est déjà arrivé « de renoncer à l’achat d’un médicament non remboursé en raison de son prix ». Cette proportion s’élève à près de 50% pour les femmes (48%), et les jeunes (46% des 18-24 ans), et à 40% pour les revenus les plus faibles. Enfin, deux tiers des Français se déclarent « attentifs » au prix des médicaments non remboursés qu’ils achètent, 30% « très attentifs ».. Des dépenses de santé des ménages doublent sur 8 ans : Au même moment, paraît un Livre blanc sur l'avenir de l'assurance-maladie publié par le cabinet de conseils Jalma, accompagné d'un baromètre réalisé avec CSA. En 8 ans, les dépenses de santé ont fait un bond de 45% dans le budget des ménages. Un budget qui comprend les cotisations à une complémentaire santé, aux sommes restant à la charge du foyer, dont les médicaments non remboursés. Un budget qui atteint plus de 5 % du revenu net moyen des ménages.
L’Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine (USPO) répond sur le pouvoir d’achat : « Les prix des 100 premiers médicaments de médication officinale ont augmenté seulement de 1% en 4 ans. Dommage que les grandes surfaces ne soient pas aussi performantes pour défendre le pouvoir d’achat des Français ! Dans une communication qui s’apparente plus à de la diversion, Mr Leclerc promet des baisses de prix sur des produits qu’il n’est pas autorisé à distribuer, pour mieux dissimuler les augmentations de prix sur des produits dont il a aujourd’hui quasiment le monopole ». Et sur le conseil à l’officine, en s’engageant sur un conseil pharmaceutique renforcé sur ces médicaments tout en veillant à éviter la surconsommation. Car aujourd’hui, seuls 14% des Français (14%) achètent effectivement des médicaments en libre accès, sans avoir recours au pharmacien (Sondage Ipsos). "Leclerc est définitivement disqualifié pour parler de la santé", conclut l'Uspo.
Les Français souhaitent à 55% qu’il conviendrait d’« imposer à l’ensemble des pharmacies le prix le plus bas » afin d’« éviter les différences de prix et de favoriser des tarifs plus bas pour les médicaments non remboursés ». 40% optent pour une « responsabilisation des pharmaciens », 36% pour « l’autorisation de la vente de médicaments non remboursés dans d’autres réseaux de distribution » et 28% pour « l’accroissement de la concurrence entre les pharmacies » (Sondage Ipsos).
Le Collectif interassociatif sur la santé (CISS) pose de son côté la question de la santé solidaire et de l’accès égal aux soins quel que soit le revenu de chacun et ouvre un débat en ligne. Une question plus que légitime puisqu’à ce jour, 60% des répondants ne sont pas ou pas du tout d’accord sur la réalité de cette égalité.
Sources : USPO www.uspo.fr, Se soigner moins cher www.sesoigner-moinscher.com/ , CISS www.leciss.org , http://santesolidaireendanger.org/ledebat/ , mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 25 novembre 2009
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Cette actualité a été publiée le 26/11/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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