LADA, MODY, ces autres DIABÈTES dont on parle trop peu
Actualité publiée le 19-05-2010
Publication ADA
L’American Diabetes Association (ADA) publie un rappel utile de ces formes méconnues de diabète, trop discrètes, disons-le, dans l’information diabète en France. LADA(1) ou diabète d’origine auto-immune et d’installation lente chez les adultes, un diabète de type 1 qui se développe durant des années, en moyenne 6 ans, et peut être être confondu avec un type 2 que l’on ne peut équilibrer... MODY (2) ou diabète de la maturité du jeune, autrement dit un type 2 rencontré de plus en plus souvent chez l’adolescent.
L’ADA souligne cette particularité du LADA : un jeune peut être diabétique de type 2, forme adulte du diabète, marquée par la résistance à l’insuline mais un adulte peut aussi devenir diabétique de type 1, par un arrêt de l’insulinosécrétion généralement dans l’enfance ou l’adolescence. Le LADA, ce serait 10 % des diabètes soit une prévalence supérieure à celle du vrai type 1 !
Du fait de sa lente progression vers l’arrêt d’insulinosécrétion pancréatique, on confond souvent ses symptômes avec ceux d’un type 2 de l’adulte. Il faut dire qu’il n’est connu que depuis une quarantaine d’années, identifié chez un pseudo-type 2 par la découverte d’auto-anticorps anti-pancréas (anti-îlots, anti-insuline…), propres au diabète de type 1. Ainsi apparut-il que 10 % des diabètes de type 2 étaient accompagnés d’un niveau d’auto-anticorps spécifiques qui suggéraient plutôt un processus en marche vers un type 1.
LADA est-il le bon terme, ou faut-il créer le type 1,5 ?– entre type 1 et type 2 - La question s’est posée en France comme aux Etats-Unis. Mais le plus crucial est ceci : doit-on poursuivre un traitement pour un type 2 quand l’équilibre de ce diabète ne peut être obtenu alors que le patient est totalement observant (médications, règles d’hygiène de vie) ? Réponse: recherche d’auto-anticorps, passage à l’insuline, arrêt du traitement du (faux) type 2.
La différence entre type 1 précoce et le LADA serait un taux plus élevé d’auto-anticorps et la destruction plus rapide des cellules pancréatiques (bêta) dans le premier par rapport au second. L’absence d’auto-anticorps dans le type 2 explique que la perte de la fonction insulinique soit beaucoup plus lente.
La recherche d’auto-anticorps si soupçon de LADA semble plus justifiée chez un diabétique de poids normal ou mince, physiquement actif et non insulino-résistant, on a plus de chances de les trouver que chez un diabétique obèse (IMC 35 et plus) plus souvent de type 2 insulino-résistant. Cet examen de biologie médicale standardisé peut justifier l’insuline exclusive : elle pourrait prolonger/protéger les cellules pancréatiques encore fonctionnelles… mais jusqu’à quand ? En tous cas plus longtemps que si l’on continuait à traiter ce LADA par antidiabétique oral (ADO), qui semble ici hâter l’arrêt de l’insulinosécrétion.
On a espéré que l’insuline précoce permettrait de guérir le type 1, du fait que l’insuline précoce – théoriquement possible que dans le LADA – protégerait les cellules bêta des auto-anticorps. Oui mais il faudrait que le LADA soit mieux/plus tôt détecté, ce qui n’est pas encore acquis…
Le MODY, souvent victime d’erreur de diagnostic, est dû à une mutation génétique. Forme complexe et mal comprise, comme dans la plupart des maladies où intervient l’erreur génétique, on doit évoquer une interaction entre terrain et environnement. Sa prévalence serait de 1 à 5 % de tous les diabètes, une simple estimation car encore aujourd’hui, ses différentes formes sont confondues avec les types 1 ou 2.
C’est un risque héréditaire : si un seul des parents possède un gène MODY, un enfant a 50 % de risque d’en hériter. Mais tous les héritiers ne développent pas ce diabète, caractérisé par une insuffisance insulinique, favorisant des hyperglycémies sévères à l’occasion desquelles, d’ailleurs, il sera diagnostiqué, il peut aussi évoluer sans signes très marquants, avant un diagnostic par hasard.
En cas de soupçon, le diagnostic est génétique. Le traitement est à la carte, certains MODY nécessitant l’insuline, d’autres des ADO. Chez un adulte connu comme porteur de gènes de MODY, il est aujourd’hui justifié (et facile) de les rechercher parmi ses enfants.
Source : Dr Erika Gebel, Diabetes Forecast (ADA-Visuels), mai 2010, mise en ligne Jean-Marie Manus, Santé log, le 19 mai 2010
(1) Latent autoimmune diabetes in adults
(2) Maturity onset diabetes of the youth
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Cette actualité a été publiée le 19/05/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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