LAIT et CANCER de la PROSTATE : Rumeur ou actualité scientifique ?
Actualité publiée le 08-03-2010
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« Un verre de lait ça va, mais deux bonjour les dégâts », c’est en un slogan, la conclusion d’une recherche de l’Université de Montréal qui fait le lien entre consommation excessive de lait et cancer de la prostate.
L’étude épidémiologique de Parviz Ghadirian, professeur au Département de nutrition de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et directeur de l'Unité de recherche épidémiologique du centre de recherche du CHUM, et de sa collègue Sara Raimondi, de l'Institut européen du cancer (Italie), établit en effet une corrélation entre la consommation élevée de lait et l'augmentation du risque de souffrir d'un cancer de la prostate. Ces résultats seront publiés dans la revue scientifiqueThe Prostate.
Que dit le PNNS ? Parmi les 9 objectifs du Programme national nutrition Santé (PNNS), l’un porte directement sur la consommation de calcium. Celle-ci doit augmenter pour le quart au moins des personnes n’en consommant pas suffisamment. Pour y parvenir, un moyen simple et efficace : boire ou manger 3 à 4 produits laitiers par jour selon l’âge, recommande le PNNS qui indique que seulement 29% des Français, 43% des enfants de 3 à 17 ans et 30% des filles entre 15 et 17 ans observent cette règle*.
L’étude qui remet en question, effectuée auprès de 197 patients ayant reçu un diagnostic de cancer de la prostate et d'un groupe témoin de même importance, a mesuré les corrélations entre ce cancer et plus de 200 produits alimentaires et démontré que seuls les produits laitiers ont présenté un lien positif avec ce cancer. Selon l’étude, une consommation quotidienne de 470 g par jour de produits laitiers multiplierait par 2 le risque d'être atteint d'un cancer de la prostate en comparaison d’une consommation quotidienne de l'ordre de 125g. Le communiqué portant sur l’étude précise que « ce n'est pas la première fois que le lait est incriminé dans le cancer de la prostate, mais ce lien demeure contesté parce qu'il ne ressort pas dans tous les travaux sur le sujet. Plusieurs hypothèses ont été formulées pour expliquer la corrélation. La principale met en cause le gras animal, qui pourrait accroitre le niveau de testostérone et désactiver des gènes de suppression de tumeurs cancéreuses. Cette hypothèse n'a pas été confirmée dans cette étude, qui n'a pas mis au jour de lien significatif entre les lipides et le cancer de la prostate ». Selon les chercheurs, un mécanisme encore inconnu résultant d'une interaction entre certains composés du lait et d'autres produits alimentaires pourrait être à l’origine de cette augmentation du risque de cancer.
Sources : Université de Montréal, PNNS, Centre de recherche et d’informations nutritionnelles (CERIN) (Visuel affiche), mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 8 mars 2010
*Selon une étude nationale nutrition et santé (ENNS) 2006
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N.B. La même étude a fait ressortir, un effet protecteur des noix contre le cancer de la prostate. Ceux qui en consomment 90 g ou plus par mois réduisent le risque de plus de 50 % par rapport à ceux qui n'en mangent jamais. Cet effet protecteur pourrait être dû aux propriétés antioxydantes de la vitamine E. De récentes données présentées par la plus grande organisation professionnelle américaine de recherche contre le cancer, l'American Association for Cancer Research (AACR) ont également démontré que les pistaches, source de gamma-tocophérol, pourraient réduire le risque de cancer du poumon et d’autres cancers.
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Cette actualité a été publiée le 08/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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