LANTUS® ET RISQUE DE CANCER : L'ALERTE INJUSTIFIEE
Actualité publiée le 21-08-2009
The Lancet
C’est le titre d’un article publié on line, le 15 août, sur le site du Lancet : Insulin glargine and malignancy : an unwarranted alarm. Signé de Stuart Pocock et Liam Smeeth (Department of Epidemiology and Population Health, London School of Hygiene and Tropical Medicine, Londres), il a été signalé par le site international HeartWire, qui titre d’ailleurs Insulin glargine and cancer: existing evidence does not warrant alarm. Encore une fois, concluent les auteurs de l’article, un possible lien entre insuline glargine et cancer nécessite de plus amples investigations.
Il s’agit des études parues dans une revue de diabétologie internationale de référence (Diabetologia) et mettant en cause l’insuline glargine de longue durée d’action (Lantus®) développée par Sanofi-Aventis. La communauté médicale internationale s’est élevée contre la méthodologie et les conclusions hâtives de ces études, dont les constats (essentiellement statistiques) ne sont pas des preuves quant au risque de cancer qui découlerait chez certain(e)s patient(e)s de l’usage de cette forme d’insuline.
Le Congrès de la Société européenne de cardiologie à Barcelone devrait aborder le sujet, le 29 août prochain, car le diabète est un facteur de risque de cardiopathie et un diabétique rendu inquiet qui abandonne son traitement augmente son risque cardiovasculaire.
Pour les deux auteurs britanniques, avancer des arguments de risque (pour un médicament) qui ne sont pas étayés par des preuves évidentes (la fameuse evidence-based medicine) peut provoquer d’inutiles alarmes et inquiétudes chez les patients concernés. Et apparemment il n’existe pas de « solide évidence d’un risque de cancer augmenté »…
C’est en juin dernier que l’alerte a été lancée avec la publication dans la revue de l’EASD, l’Association européenne pour l’étude du diabète, d’une première étude avançant que cette forme d’insuline, prescrite à hautes doses, pouvait être associée à un risque de cancer. Diabetologia, jugeant que ces données devaient être étayées, avait suggéré la publication simultanée de 3 autres études, études observationnelles, comme la première, c’est à dire comparant l’incidence de certains cancers et la consommation d’insuline glargine.
Même si l’EASD elle-même admettait que ces études ne permettaient pas de conclure (studies are inconclusive) suggéraient un lien entre insuline glargine à hautes doses et cancer, mais d’un point de vue statistique. Mais étant donné le faible nombre de cancers indiqué par deux des études, toutes ces données devaient donc être interprétées avec précaution.
Pas de preuves ! En fait, disent Pocock et Smeeth, il n’existe pas de preuve (evidence) d’une augmentation générale du taux de développement de cancer chez les patients sous insuline glargine : c’est déjà ce que concluait l’éditorial prudent de l’édition de Diabetologia où sont parues les études litigieuses. Doit-on alors faire confiance aux études observationnelles ? « Quand des études observationnelles avancent un lien entre un médicament et le cancer, on doit être très prudent dans l’interprétation des constatations, parce qu’il peut y avoir d’importants biais [les fameux biais statistiques] inhérents à ce type d’études », déclarent Pocock et Smeeth à HeartWire.
Conclusion : encore une fois, un possible lien entre insuline glargine et cancer nécessite de plus amples investigations, selon la formule classique en épidémiologie : requires further investigation…
Auteur : Yann-Mikael Dadot, Santé log, mis en ligne le 20 août 2009
Sources : HeartWire, The Lancet “Insulin glargine and malignancy: an unwarranted alarm”
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Cette actualité a été publiée le 21/08/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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