LE VIH SE CACHE AUSSI dans les cellules souches de la moelle
Actualité publiée le 16-03-2010
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C’est une découverte intéressante publiée par une équipe de l’Université du Michigan à Ann Arbor : la localisation de l’une des niches encore inconnues où se retranche le VIH, dormant sous la pression des antirétroviraux (ARV). Cet état de somnolence (dormancy) a pu tromper les virologues quand ont été définies les trithérapies permettant de placer les patients séropositifs sous HAART : highly active antiretroviral therapy. En fait, on le sait, le VIH est toujours présent, l’infection a toujours cours, mais la réplication active peut reprendre si le traitement est interrompu ou si la restauration de l’immunité du patient échoue. Mais comment atteindre les virus qui colonisent les cellules dans la moelle ?
Cette nouvelle niche, ce sont les cellules progénitrices sanguines, autrement dit les cellules souches hématopoïétiques. Pourquoi ce choix particulier ? Parce que ces réservoirs biologiques sont résistants à la réponse immunitaire du patient sous HAART.
Bien que les traitements inhibent la réplication virale, l’infection à VIH est difficile à traiter du fait de l’existence de ces réservoirs non spécifiques que sont les cellules que pénètre le VIH et qui ne réagissent ni aux ARV, ni à la restauration immunitaire.
Constat : le VIH peut continuer à infecter ses cibles favorites, les lymphocytes CD 4 impunément, même en cours de traitement ARV, en visant ses précurseurs hématopoïétiques. Ceci se passe au niveau de la moelle osseuse alors que les (futurs) lymphocytes en sont encore au stade de cellules-souches des leucocytes.
Le VIH a donc de nombreux moyens de survivre malgré le régime HAART, jusqu’au moment où il peut profiter par exemple d’un arrêt du traitement par un patient non observant pour reprendre sa réplication (rebond réplicatif) en intégrant le génome de cellules-hôtes.
L’équipe d’Ann Arbor a étudié la nouvelle niche du VIH en prélevant des cellules progénitrices chez des patients VIH-positifs traités dont la charge virale était indétectable depuis au moins six mois. Après avoir provoqué in vitro la différenciation des cellules-souches hématopoïétiques en lymphocytes fonctionnels, ils ont pu identifier le génome du VIH dans les cellules d’environ 40 % des patients. Chez des patients sains dont des cellules-souches ont été prélevées dans la moelle osseuse, ils ont montré d’une part la mort de certaines d’entre elles par le VIH, d’autre part que le VIH s’intégrait au génome cellulaire sans se répliquer, les cellules-hôtes entreprenant une croissance normale non affectée par le virus dormant.
Pour les auteurs, ces constatations sont majeures dans la compréhension des pathologies médullaires vues lors d’infections à VIH et des subterfuges permettant au VIH d’entretenir l’infection. On sait donc avec certitude que le VIH n’infecte pas que les CD 4 sériques pour circuler… sans le futur de l’infection. La question subsidiaire reste comment atteindre les virus qui colonisent les cellules dans la moelle ? La solution serait de « réveiller » les virus latents pour qu’ils deviennent des virus fonctionnels circulants dans le sang… où les attend le HAART.
Source : d’après Janet Fang : « The AIDS virus escapes treatment inside progenitor blood cells », Nature Medicine. doi:10.1038/news.2010.109 Mise en ligne le 15 mars par Alexis Yapnine, Santé log (traduction, adaptation) (Visuel Cellules souches hématopoïétiques et vignette VIH, Institut Pasteur)
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Article original : Nature Medicine, HIV-1 infects multipotent progenitor cells causing cell death and establishing latent cellular reservoirs. Kathleen L Collins et coll. (klcollin@umich.edu). Publié online : 7 mars 2010 | doi:10.1038/nm.2109.
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Cette actualité a été publiée le 16/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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