L’OBESITE, aussi un facteur de risque de fibrillation auriculaire
Actualité publiée le 15-11-2009
Etude
L’enquête ObEpi sur la prévalence de l’obésité de l’adulte en France, plus précisément chez les sujets de plus de 65 ans, a montré que ceux-ci avaient comme facteur de risque, outre leur surpoids, l’hypertension artérielle. Or l’une et l’autre sont des facteurs de risque indépendants de dilatation de l’oreillette gauche, dilatation qui est elle-même un facteur de risque de fibrillation auriculaire (dite aussi atriale). L’excès de poids reste le facteur prédictif majeur de ce trouble du rythme dont la fréquence augmente avec l’âge.
C’est ce qui ressort d’une étude publiée par le Journal of the American College of Cardiology (JACC), qui précise que la dilatation est maximum chez l’hypertendu obèse, l’HTA étant cependant plus souvent impliquée en raison de sa fréquence par rapport à celle de l’obésité… du moins actuellement…
Car compte tenu de l’augmentation régulière de l’obésité sévère (ce qu’a notamment montré ObEpi 2009), on peut s’attendre à ce que l’excès de poids devienne le facteur de risque dominant du développement de la fibrillation auriculaire, selon l’un des auteurs de cette étude, le Dr Jan Stritzke (Université de Lübeck, Allemagne).
Certes, diront les spécialistes des troubles du rythme, le rapport entre la dilatation de l’oreillette gauche et l’obésité n’est pas une découverte récente. Mais il est toujours utile de rappeler aux équipes soignantes qui suivent des patients en surpoids que ce risque existe, et que pour tenter de le minimiser, il faut obtenir une observance correcte du traitement anti-hypertenseur… sachant que le traitement de l’obésité est beaucoup moins facile.
L’étude présentée par J. Stritzke et coll. a suivi 1 212 patients de 25 à 74 ans évalués par échocardiographie, dont l’IMC était en moyenne de 26,2 kg/m2 et dont la tension artérielle moyenne était de 125/81 mm Hg, l’obésité étant définie par un IMC de >27,3 kg/m2 pour l’homme et de >27,8 kg/m2 pour la femme, l’HTA par une pression de >140/90 mm Hg. Un groupe de 443 sujets sains faisait référence.
La dilatation auriculaire augmente chez l’hypertendu de poids normal par rapport au normotendu de poids normal calculée en mL/min (25,4 contre 23,5), elle augmente également chez l’obèse hypertendu par rapport à l’obèse normotendu (30 contre27,3 ).
La conclusion est simple : réduire le niveau tensionnel ne suffit pas, il faut aussi réduire le poids pour normaliser le volume auriculaire. Le risque atrial est-il alors lui-même réduit ? On ne le sait pas encore…
On se rappelle qu’en novembre 2004, un article émanant de l’étude de Framingham (Dr Thomas Wang et coll.), publié dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), soulignait déjà que l’obésité est associée à une augmentation de 50 % du risque de fibrillation auriculaire (FA), et prônait la perte de poids pour minimiser ce risque. La FA est le trouble du rythme cardiaque le plus courant, marqué d’une importante morbi-mortalité malgré les traitements récemment apparus.
C’est notamment un accident de l’avance en âge, notamment s’il y a obésité, que l’on retrouve associée à l’HTA et au diabète, deux conditions que des traitements efficaces permettent de contrôler. Cela aussi, ObEpi l’a rappelé… Chez le sujet âgé, la FA est surtout le premier facteur de risque d’AVC ischémique.
Sources : HeartWire, J Am Coll Cardiol 2009;54:1982-1989, mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 15 novembre 2009 (Visuel Heart.org)
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