LOI HÔPITAL : La pédiatrie en danger
Actualité publiée le 27-06-2009
HPST
Le projet de réforme de l’hôpital ne fait aucune mention d’une politique de santé spécifique de l’enfant. Les départs en retraite et l’augmentation des naissances vont vite créer un manque dans la prise en charge de la santé des enfants et des adolescents et jusque dans les services d’urgence pédiatriques. C'est pourquoi L'Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA) lance une pétition pour que les enfants ne soient pas bientôt privés de leur spécialiste. Le Conseil National De la Pédiatrie (CNDP) propose en priorité une mesure simple, efficace et peu coûteuse: l’augmentation importante, dès 2009, du nombre d’étudiants entrant dans la filière pédiatrique. Car même aujourd’hui, le déficit en pédiatres est criant, assure le CNDP.
Combien de pédiatres faut-il pour assurer les missions spécifiques de soins aux enfants et aux adolescents en France? Personne ne le sait, car il n’y a ni vision d’ensemble ni plan global consacré à la santé de l’enfant dans notre pays. En revanche le nombre annuel des naissances, la densité des pédiatres, le nombre des médecins en formation de pédiatrie, et le nombre des départs en retraite des médecins dans les 10 ans sont des données parfaitement connues permettant de prévoir une situation alarmante à court terme. Avec plus de 800 000 naissances par an, la natalité française reste la plus forte des pays européens depuis une dizaine d’années. Cependant, une simple comparaison avec les pays européens voisins montre que la France se situe parmi les pays dont la densité en pédiatres est le plus faible : 6 pédiatres (hospitaliers et libéraux) pour 10 000 enfants de moins de 15 ans. Avec 2 enfants en moyenne par femme, la France affiche aujourd'hui le taux de natalité le plus élevé d'Europe (en progression constante). Un chiffre qui contraste avec la baisse régulière du nombre de pédiatres de ville dans l'hexagone. En effet, notre pays ne compte aujourd'hui qu'un seul pédiatre pour 5 300 enfants, soit 3 fois moins que la moyenne européenne et 8 fois moins qu’en Italie.
Beaucoup de pédiatres en formation n’iront pas exercer dans les cabinets « libéraux ». La forte féminisation et le changement de comportement des nouvelles générations en sont les deux raisons principales.
Le déficit en pédiatres est criant : Certes le nombre total de pédiatres a légèrement augmenté depuis 5 ans, au profit de la médecine hospitalière. Dans les hôpitaux où les effectifs ont dû être renforcés entre autres raisons par les exigences légitimes du plan Périnatalité, le solde à ce jour de pédiatres en est à un nombre croissant de postes vacants, estimés à près de 400 actuellement sur tout le territoire. La Médecine scolaire et la Protection Maternelle et Infantile (PMI) ne disposent clairement pas non plus des moyens qu'impliquent leurs missions, et bon nombre de médecins y travaillent sur des statuts précaires.
Avec les départs en retraite de l’importante cohorte des médecins ayant commencé leurs études entre 1968 et 1978 soit près de 60 000 médecins, généralistes et spécialistes, il faut s’attendre à une désertification médicale de territoires entiers ; en pédiatrie, la disparition de la moitié des pédiatres « libéraux » et la fermeture de plusieurs services de pédiatrie sont des évènements inéluctables, faute de professionnels.
Qui va s’occuper de la santé des enfants et des adolescents? Qui va prendre en charge les urgences pédiatriques, les nouveau-nés, les maladies aiguës graves, les maladies chroniques et les handicaps de l’enfant ? Qui va assurer le dépistage et le suivi des troubles du développement, du langage et de l’apprentissage ? Qui va s’investir dans la prévention des maladies et dans l’éducation à la santé ?
Le Conseil National de la Pédiatrie (CNDP) estime, dès à présent, que ces missions relevant de la compétence des pédiatres ne sont plus correctement assurées dans de nombreux domaines, en particulier dans les zones géographiques à faible densité médicale. Les pédiatres, en nombre réduit en ville et dans les services de pédiatrie générale, et moins disponibles dans les structures spécialisées plus grandes, devront s’occuper en priorité des maladies graves et chroniques, délaissant ainsi les soins moins urgents mais pourtant essentiels. Or il est essentiel que l’enfant de France puisse aussi accéder à des soins de premier recours en pédiatrie comme c’est le cas pour la majorité des enfants d’Europe.
Le projet de loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires (HPST) ne fait aucune mention d’une politique de santé spécifique de l’enfant et fait l’impasse totale du rôle du pédiatre ambulatoire dans le suivi et la prise en charge des enfants. La communauté des pédiatres ne peut accepter sans réagir que cette situation s’aggrave au cours des prochaines années. C’est pourquoi, le CNDP propose en priorité une mesure simple, efficace et peu coûteuse: l’augmentation importante, dès 2009, du nombre d’étudiants entrant dans la filière pédiatrique. Les services hospitalo-universitaires et les services hospitaliers agréés pour la formation des pédiatres seraient en mesure de former, dès à présent, 50 internes de pédiatrie supplémentaires, les perspectives à terme étant d’arriver à la formation d'un nombre suffisant de pédiatres pour assurer toutes les missions incombant aux pédiatres, tant au niveau hospitalier que libéral.
Source : Communiqué Conseil National De la Pédiatrie et pétition AFPA, mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 28 juin 2009 (Vignette et visuel Santé log Petite enfance N°5)
Accéder à la pétition : http://www.afpa.org/index.php?option=com_joomlapetition&func=viewcategory&Itemid=30&catid=2
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Le CNDP regroupe des représentants de sociétés et syndicats nationaux suivants : AJP : Association des Juniors en Pédiatrie – AFPA : Association Française de Pédiatrie Ambulatoire – Collège PU-PH : Collège des Professeurs de Pédiatrie – COLPHEGE : Collège des Pédiatres des Hôpitaux Généraux – SFP: Société Française de Pédiatrie – SNPF : Syndicat National des Pédiatres Français – SNPEH : Syndicat National des Pédiatres des établissements Hospitaliers.
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Cette actualité a été publiée le 27/06/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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