L’OMS ET L’UNICEF : Pour des médicaments AU FORMAT ENFANT
Actualité publiée le 19-09-2009
Pédiatrie
Compenser le manque de médicaments pédiatriques…L’OMS et l’UNICEF, grâce à une subvention de 9,7 millions de dollars de la Fondation Bill et Melinda Gates, vont mener une étude sur les médicaments pédiatriques, avec l’objectif d’en augmenter le nombre, de médicaments spécifiquement pédiatriques. Certes, on commence à voir apparaître ce type de médicaments, notamment en Europe, mais en majorité, la plupart des médicaments disponibles n’ont été conçus que pour les adultes.
Globalement, dans plus de 50 % des cas, les médicaments prescrits aux enfants sont « adaptés » à partir de médicaments pour adultes, ce qui veut dire que leur efficacité et une innocuité n’ont pas été validées chez l’enfant. Au pire alors, nombre d’enfants n’auront pas accès aux traitements nécessaires par manque de médicaments adaptés à l’usage pédiatrique, ou parce que ceux disponibles sont trop chers.
« Il faut arrêter de tâtonner, dit crûment Carissa Etienne, de l’OMS. Les enfants souffrent et meurent de maladies que nous pouvons traiter et pourtant, nous ne disposons pas des données essentielles pour leur délivrer des médicaments adaptés, efficaces et d’un prix abordables ».
Pour compenser le manque de médicaments pédiatriques, les professionnels de santé et les parents ont souvent recours au fractionnement des formes galéniques pour adultes ou improvisent en écrasant des comprimés ou en dissolvant des fragments de gélules dans l’eau… même en France, y compris à l’hôpital.
La solution ? Inciter les laboratoires pharmaceutiques à concevoir des médicaments spécifiques, avec des essais cliniques en rapport, car encore aujourd’hui « trop de médicaments leur sont administrés sans avoir été correctement testés chez eux, selon le Dr Hans Hogerzeil, directeur à l’OMS de la Division Médicaments essentiels et politiques pharmaceutiques, qui considère ce sujet comme urgent.
Il s’agit entre autres de déterminer les présentations optimales (présentations galéniques) des médicaments à usage pédiatrique : petit comprimé, comprimé soluble, poudre à diluer…, les posologies adaptées des aux enfants) et d’élaborer des règles de bon usage pour les essais cliniques des médicaments, en vue de leur prescription et du traitement des enfants.
Exemple des progrès souhaitables : les maladies diarrhéiques sont responsables de 17 % des décès d’enfants de moins de 5 ans. Le traitement comporte du zinc et des sels de réhydratation orale (SRO). Or une étude a montré que de tous les médicaments pédiatriques, le zinc est le moins disponible, et s’il y en a, il n’est pas homologué pour le traitement des diarrhées. C’est alors aux pharmaciens de définir les doses appropriées alors que le zinc a mauvais goût et est difficile à administrer. Pour réduire la mortalité, il faut des formes pharmaceutiques faciles à utiliser, et de goût agréable.
Autre exemple : avec 17 % des décès, la pneumonie est une cause majeure de mortalité chez les moins de 5 ans. Pour être traitée efficacement, il faut administrer 50 mg d’amoxicilline par kilo et par jour pendant 3 à 5 jours. Une galénique facile d’emploi pour administrer la posologie requise permettrait un bon traitement et aiderait à réduire la mortalité.
Finalement, améliorer la disponibilité et l’usage de médicaments essentiels spécialement développés pour les enfants est un problème majeur de santé publique à l’échelle mondiale, et le programme OMS/UNICEF devrait aider à mettre sur pied des programmes d’intervention sanitaire plus efficace et à permettre la survie des enfants, notamment dans les pays les plus pauvres.
Ce travail fait suite à l’initiative Pour des médicaments au format enfant, dirigée par l’OMS, qui vise à améliorer l’accès des enfants à de meilleurs médicaments.
Auteur : Louis-Marie Sibuée, Santé log, le 18 septembre 2009
Source : Communication OMS (Visuel, vignette)
En savoir plus: http://www.who.int/childmedicines/fr/index.html
Lire aussi : L’ENFANT MALADE N’EST PAS UN ADULTE EN REDUCTION : Il lui faut des médicaments sur mesure -
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Cette actualité a été publiée le 19/09/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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