LUTTE contre le SIDA : Pénalisée par la création des AGENCES REGIONALES de SANTE ?
Actualité publiée le 05-04-2010
Associations
Baisse des crédits alloués à la lutte contre le sida, c’est ce que dénonce l’Association AIDES, reprochant au Ministère de la santé de ne pas tenir son engagement sur des crédits stables, en particulier alloués aux associations, en France qui verraient une baisse moyenne de 47% des crédits alloués dans certaines régions. Une alerte concomitante à la création des ARS qui devront justement piloter les actions en Santé publique et la prévention au sein de chaque région mais aussi aux dernières recommandations de la HAS vers un dépistage plus généralisé du VIH. Alors vœux pieux ?
Selon l’Association AIDES, la Ministre de la Santé avait annoncé le 23 décembre que les crédits en faveur de la lutte contre le VIH/sida ne baisseraient pas, pourtant les associations de santé, dans de nombreux domaines (périnatalité, handicap, maladies rares) alertent sur des pertes de crédits « pouvant aller jusqu’à 47% dans certaines régions », précise AIDES. Car l’Association devrait accuser une perte, pour sa part de plus de 700.000 € par rapport aux financements 2009 et se déclare pénalisée pour ses actions prioritaires menées auprès des groupes à risque.
La Cour des Comptes publiait, il y a quelques semaines, un rapport sur la politique de lutte contre le La Cour des Comptes sont sans appel dénonce dans son dernier rapport (voir accès ci-dessous) « Une politique publique insuffisamment active ». « Malgré la poursuite de l’épidémie, les dépenses publiques consacrées à la prévention et au dépistage ont un caractère marginal au regard de celles liées à la prise en charge sanitaire. Par ailleurs, le pilotage de la politique de lutte contre le VIH/sida par le ministère de la santé se caractérise par sa faiblesse et son manque de continuité ». Trop de fonds dépensés à la prise en charge sanitaire, trop peu à la prévention et au dépistage, en matière de VIH, le rôle des associations, souvent plus à même de proximité vis-à-vis des groupes à risque, est essentiel.
Un état des dépenses est exposé par le même rapport pour 2008 : Le montant des dépenses de prévention consacrées au VIH/sida peut être estimé à environ 54 M€. Remarquons que c’est peu par rapport à d’autres budgets comme le budget étalon de la grippe A/H1N1….Ce chiffre intègre les dépenses de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) (campagnes de Communication), des subventions aux associations (23 M€), ainsi que les subventions aux associations versées par la direction générale de la santé (6,3 M€) et par les groupements régionaux de santé publique (GRSP) (25 M€). Il n'intègre pas les subventions aux associations qui continuent à être attribuées par les services déconcentrés du ministère de la santé. Or les GRSP dépendront dorénavant des ARS ainsi qu’une majorité des services déconcentrés…
Plus de transparence dans les budgets alloués, c’est la juste demande de l’Association, des associations : « Communiquer publiquement les montants alloués en 2010 à la lutte contre le sida dans chaque région, ne pas abandonner la lutte contre le sida et de garantir le maintien du soutien de l’Etat ».
Rappelons que selon l’InVS, deux groupes représentent à eux seuls environ 70 % des nouveaux cas de séropositivité: les migrants des deux sexes (35 %), originaires notamment d’Afrique subsaharienne, infectés lors de rapports hétérosexuels, et les homosexuels masculins (37 %) qui sont dans leur grande majorité de nationalité française, 2 groupes vis-à-vis desquels sont orientés de nombreuses actions de l’Association Aides.
Sources : AIDES, Rapport de la Cour des Comptes « La politique de lutte contre le VIH/sida », mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 5 avril 2010
Accéder aux dernières actualités sur le VIH ou sur le thème du sida
Réagissez à cette actu sur Santé Blog
Cette actualité a été publiée le 05/04/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
|