LYMPHOCYTOPENIE, "UN FAUX SIDA" et un traitement en vue
Actualité publiée le 19-01-2010
Blood
« Vers un traitement de la lymphocytopénie T CD4 idiopathique », annonce l’Institut Pasteur à la suite de la parution de travaux parus dans la revue Blood (1). Nouvelle maladie, maladie rare ou complication d’une autre maladie ? Non, la lymphocytopénie est « littéralement » la raréfaction des lymphocytes T CD4, dite idiopathique, ce qui signifie qu’on n’en connaît pas l’origine. Une pathologie qui présente de fortes similitudes avec le sida, car elle est aussi caractérisée par un important déficit immunitaire des lymphocytes T CD4 entraînant des infections opportunistes graves... exactement comme dans le sida.
A ce jour, aucun agent infectieux n’a été identifié, disent chercheurs et cliniciens de l’Institut Pasteur, de l’AP-HP, de l’INSERM, du CNRS et de l’Université Paris-Descartes qui, pour la première fois, ont montré un mécanisme physiopathologique commun à tous les patients étudiés. Ils ont également montré l’efficacité d’un traitement par interleukine-2 (IL-2), messagère du système immunitaire, chez ces patients.
La lymphocytopénie idiopathique est une pathologie grave, caractérisée par une importante réduction du compte de lymphocytes T CD4 circulants, ce qui favorise l’apparition d’infections opportunistes graves, voire létales en l’absence de barrière immunitaire : cryptococcose (la plus fréquente), pneumocystose, infections à mycobactéries ou à cytomégalovirus (CMV), tableau évoquant le sida. Or aucun agent infectieux éventuellement causal n’a été caractérisé à ce jour. Une étiologie qui reste à comprendre.
Identification d’un mécanisme associé à l’immunodéficience des lymphocytes T : Chercheurs et cliniciens de l’Institut Pasteur, de l’AP-HP, de l’INSERM, du CNRS et de l’Université Paris-Descartes, sous la coordination du Pr Olivier Lortholary (Unité de mycologie moléculaire de l’Institut Pasteur, Centre d’Infectiologie Necker-Pasteur, chef du Service des maladies infectieuses et tropicales du CHU Necker), ont étudié 6 cas français. Ils ont pu mettre en évidence, par biologie cellulaire et pour la première fois, un mécanisme associé à l’immunodéficience des lymphocytes T, commun à tous ces patients.
Il s’agit d’une anomalie d’expression membranaire d’un récepteur majeur du système immunitaire, un corécepteur d’entrée du VIH, le CXCR4, qui s’internalise dans les lymphocytes T CD4 au lieu de s’exprimer à leur surface. Ce dysfonctionnement perturbe l’homéostasie des CD4 et favoriserait l’apparition d’infections opportunistes. Mais les équipes françaises ont également montré in vitro et chez ces patients que l’IL-2 peut restaurer l’expression de CXCR4 en surface des lymphocytes T CD4, en augmentant le nombre de ces cellules immunitaires.
Ces résultats ouvrent, pour la première fois, la voie à la compréhension et à un traitement de la lymphocytopénie T CD4 idiopathique par immunothérapie. Un programme commun de recherche clinique AP-HP/Institut Pasteur va débuter chez un plus grand nombre de patients.
Source : Institut Pasteur (Vignette: Cellules dendritiques marquées avec la protéine p24 du VIH en vert, visuel transfert de virus VIH entre lymphocytes T ), Service Communication, mis en ligne par Louis-Marie Sibuée, Santé log, le 19 janvier 2010
Accès aux actualités concernant le VIH
(1) Daniel Scott-Algara, Karl Balabanian, Lisa A. Chakrabarti, Luc Mouthon, Françoise Dromer, Céline Didier, Fernando Arenzana-Seisdedos, Olivier Lortholary. Idiopathic CD4+ T-cell lymphocytopenia is associated with impaired membrane expression of the chemokine receptor CXCR4.
Lien : http://bloodjournal.hematologylibrary.org/cgi/content/short/blood-2009-02-202796v1
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Cette actualité a été publiée le 19/01/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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