MALADIE CORONARIENNE ET DIABETE : MIEUX VAUT PONTAGE qu’angioplastie
Actualité publiée le 24-03-2009
Cardiologie
La Faculté de médecine de Stanford (Californie) est connue pour sa recherche en cardiologie (elle compta parmi les centres pionniers de la transplantation cardiaque). On apprend qu’il vient de s’y achever une étude de trois ans en liaison avec dix centres de cardiologie dans le monde, dans le but de comparer l’efficacité du pontage aorto-coronarien à celle de l’angioplastie dans des groupes spécifiques de patients. C’est la première fois qu’une telle étude est entreprise depuis « l’invention » du pontage (Favaloro, 1968) et de l’angioplastie coronarienne (Grüntzig, 1977).
Au total, les cardiologues californiens ont recueilli les données concernant près de 8 000 patients. L’un des premiers résultats de l’étude indique qu’après 65 ans, qu’en cas de diabète et que si plusieurs coronaires sont obstruées, le pontage est le meilleur traitement. En revanche, jusqu’à 55 ans l’angioplastie est le traitement de choix.
Les résultats, qui ont été publiés dans le Lancet (19 mars), permettent de dire quel est le traitement de choix, selon les patients, de la maladie coronarienne. Selon les patients, et non pas selon la technique. Ainsi, chez les sujets diabétiques coronariens, par exemple, le taux de mortalité à 5 ans est de 12 % dans les suites du pontage, contre 20 % si une angioplastie a été réalisée. Chez les patients de plus de 65 ans, le taux de mortalité est de 11 % après pontage comparé à 15 % en cas d’angioplastie.
Comme l’a fait remarquer un des cardiologues de Stanford, le Dr Mark Hlatky, le pontage est associé depuis des années à un moindre taux de mortalité. La surprise fut aussi celle que les patients âgés en bénéficient… Par ailleurs, une telle étude est un exemple de la puissance (épidémiologique) de la recherche en efficacité comparative (comparative effectiveness research), pour laquelle, estiment les chercheurs, trop peu de budgets sont débloqués alors qu’elle concerne des décisions médicales : le choix d’un traitement ciblé « contre » un autre deux traitements jugés efficaces. Ici, on ne compare plus un traitement contre un placebo : agir contre abstention, pratiquement.
Sur le plan financier, une telle étude est importante pour le monde entier. Ainsi aux Etats-Unis, où la prévalence de la maladie coronarienne ne cesse d’augmenter, comme ailleurs, près de 250 000 pontages plus de 660 000 angioplasties sont pratiqués chaque année. Aux Etats-Unis, comme ailleurs encore, le budget de la santé pourrait être mieux utilisé si les décisions médicales étaient prises par des médecins mieux informés.
L’étude de Stanford confirme en fait que la mortalité à long terme des sujets opérés par pontage ou angioplastie est diminuée, mais insiste surtout sur les différences qui existent selon les sous-groupes de patients : femmes, fumeurs, hypertendus. En outre, l’étude a pu retenir pour comparaison les angioplasties réalisées seulement avec le ballonnet et les angioplasties suivies de la mise en place d’un stent en métal nu (bare-metal stents). Une prochaine étude inclura les angioplasties suivies de la mise en place d’un stent à libération de principe actif antirécidive (drug-eluting stents).
Auteur : Yann-Mikael Dadot, Santé log, le 23 mars 2009- Visuel et vignette Leem EFPIA
Accès à l’analyse de l’étude sur le site de Stanford : Heart Bypass Surgery Better than Angioplasty for Certain Patients, Stanford Study Shows
Accès à l’article sur le site du Lancet : http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(09)60552-3/fulltext#article_upsell
Lire aussi : ANGIOPLASTIE ET ALLERGIE A L’IODE : pré traitement possible
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Cette actualité a été publiée le 24/03/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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