MALADIE DE CROHN : L'espoir dans les cellules souches
Actualité publiée le 15-07-2009
Thérapeutique
Une tentative porteuse d’espoir pour les patients : Un projet de recherche européen, portant sur la thérapie cellulaire appliquée à la maladie de Crohn vient d’être financée par la Fondation DigestScience, reconnue d’utilité publique. Avec un budget d’un million d’euros sur 2 ans, ce projet constitue une tentative thérapeutique innovante de cette maladie par le recours à des cellules souches. Les résultats de cet essai, attendus pour la fin de l’année 2010, pourraient déboucher sur des expérimentations cliniques de grande envergure, à l’échelle européenne.
Le lauréat est le Pr D.W. Hommes, du Centre de Recherche Médicale du Département d'hépato-gastroentérologie de l'Université de Leiden (Pays-Bas). Son projet : Mesenchymal Stromal Cell Therapy for Crohn’s Disease, a été sélectionné parmi ceux de 25 laboratoires européens. Ce projet de thérapie cellulaire sera conduit par l’équipe hollandaise en collaboration avec une équipe de l’Université d’Irlande à Galway. Il s'agit d'une approche thérapeutique tout à fait originale dont on espère des débouchés rapides sur des essais lus larges avec comme objectif à moyen terme un bénéfice considérable pour les malades.
En quoi le recours à la technologie des Cellules souches pour soigner la maladie de Crohn (MC) est-elle innovante ? Il faut se rappeler que les MICI, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, dont la MC fait partie avec la recto-colite hémorragique (RCH), sont des pathologies invalidantes, douloureuses, très inflammatoires, dont les traitements sont parfois décevants, et qui perturbent gravement la vie quotidienne des malades. L’approche sur l’emploi des cellules souches mésenchymateuses stromales (CSMs) dans le traitement des MICI est original : ce sont des cellules souches tissulaires multipotentielles, pouvant être isolées dans de nombreux tissus humains (tissu adipeux, moelle osseuse, placenta, etc.). Elles sont connues pour leur action réparatrice des tissus humains et leur capacité à inhiber les réponses immunes et les phénomènes inflammatoires de ces maladies.
De premiers résultats in vivo et in vitro ont permis d’établir l’action immunosuppressive des CSMs pour la MC, sur des modèles animaux. Ces cellules pourraient, chez l’homme, atténuer, voire supprimer, la réponse inflammatoire immunitaire observée dans la MC et la RCH et permettre de cicatriser les muqueuses atteintes.
Ces recherches pourraient bénéficier aussi aux malades atteints d’autres pathologies auto- immunes. Un projet de recherche innovant, débouchant sur des applications cliniques. Elles marquent une véritable rupture par rapport aux approches thérapeutiques actuelles (anticorps monoclonaux, chimiothérapies) et fait entrevoir un espoir de guérison… mais restons prudent à ce stade.
Les MICI touchent environ 200 000 personnes en France, et 5 000 à 6 000 nouveaux cas sont détectés par an, dont près de 10 % sont des enfants. Les signes de la maladie débutent majoritairement entre 20 et 40 ans. Malgré leur fréquence, elles restent largement méconnues, voire taboues. Avec des symptômes souvent gênants voire honteux (diarrhées régulières, difficulté à contrôler les selles, douleurs abdominales…), ces maladies chroniques bouleversent et entravent la vie scolaire, professionnelle, familiale et intime. Les traitements actuellement proposés permettent d’améliorer la qualité de vie de la majorité des patients, mais non de les guérir..
Mis en ligne par Maurice Chevrier, Santé log, le 15 juillet 2009
Informations : Fondation DigestScience (visuel vignette CNRS). Bernadette Lemaire, Directrice
contact@digestscience.com. www.digestscience.com.
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Cette actualité a été publiée le 15/07/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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