MALADIES CHRONIQUES : L'Education thérapeutique désormais en marche
Actualité publiée le 06-08-2010
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Si en Europe, dans la majorité des pays, l’éducation thérapeutique du patient (ETP) s’inscrit pleinement dans le parcours de soin du patient, en France, c’est encore une somme importante mais décousue d’initiatives non inscrites dans une stratégie globale. Les textes d'application de la Loi "Hôpital" concernant l'ETP viennent d'être publiés accompagnés d'un référentiel ( structuration, évaluation, réflexion) de programme d'éducation thérapeutique pour les maladies chroniques.
Avec l’essor des pathologies chroniques et en particulier du diabète, les ALD dont on parle beaucoup avec la nécessité de réduire le déficit de l’Assurance Maladie, l’ETP devient une obligation, après la prévention. C’était l’objet du rapport « Propositions pour une mise en œuvre rapide et pérenne » de l’ETP, remis au Ministre de la Santé, le 7 juillet par le Député Denis Jacquat.
La loi « Hôpital » a introduit l’éducation thérapeutique du patient (ETP) dans le droit Français et distingue l’éducation thérapeutique du patient et les actions d’accompagnement. L’éducation thérapeutique du patient s’inscrit désormais dans le parcours de soins du patient. Depuis une vingtaine d’années, à l’initiative de professionnels précurseurs convaincus par la nécessité d’améliorer la qualité de vie des patients souffrant de maladies chroniques, l’ETP s’est développée à l’hôpital puis grâce aux associations de patients, aux maisons de santé, à l’Assurance Maladie…
Les propositions du Député Jacquat avaient suggéré les axes qui permettront de développer une offre structurée et coordonnée.
· L’ETP doit être une priorité dans la prise en charge des maladies chroniques, intégrée dans le projet stratégique de l’établissement de soin ;
· L’agence régionale de santé (ARS) sera au coeur du dispositif de pilotage mais, mesure d’économie oblige, la montée en charge devra s’appuyer sur les équipes et structures existantes.
· Néanmoins de nouveaux modes de rémunération devraient être définis pour financer et rémunérer l’étape ETP dans le parcours de soins.
Mais la formation initiale en ETP des professionnels de santé est aujourd'hui limitée aux seules infirmières et dans une moindre mesure aux masseurs kinésithérapeutes. Ni les médecins, ni les pharmaciens n’abordent cette thématique au cours de leurs études ce qui s’avère extrêmement préjudiciable au développement de l’ETP. Les professionnels de santé concernés devraient être systématiquement sensibilisés à l’ETP et pouvoir accéder à des formations continues. Le médecin traitant aura un rôle important à jouer, à la fois dans l’orientation des patients souffrant de maladies chroniques vers un programme d’ETP adapté de proximité ainsi que dans leur suivi.
Le recrutement des patients « éligibles » à l’ETP devra également être développé notamment pour les patients les plus à risque, notamment ceux issus des populations socialement défavorisées. Pour la rendre plus accessible, l’ETP devrait être développée en ambulatoire afin d’offrir aux patients des programmes à proximité de leur lieu de vie.
La Haute Autorité de Santé HAS propose désormais sur son site un guide qui définit l’éducation thérapeutique du patient (ETP), ses finalités, son organisation, décrit la démarche d’ETP, son contenu et ses étapes, propose un mode de structuration de programme, d’évaluation du processus et une réflexion pour évaluer ensuite son efficacité. Le Ministère précise que les promoteurs de programmes d'ETP déjà mis en œuvre avant la publication de la présente loi ont jusqu’au 1er janvier 2011 pour obtenir leur autorisation des agences régionales de santé (ARS) compétentes.
Source: Ministère de la santé, Rapport sur l’ETP-Juil 10, HAS, mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 5 août 2010 (visuel Santé log Soin à domicile N°13, copyright Fotolia, vignette CNOM)
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Cette actualité a été publiée le 06/08/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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