MANGER BIO, EST-CE MANGER BIEN ? Pas forcément…
Actualité publiée le 20-02-2009
Nutrition
Au risque de s’attirer les foudres des militants des nourritures biologiques, l’Association Française des Diététiciens Nutritionnistes (AFDN, ex-ADLF) souligne dans un communiqué que « manger bio ne signifie pas nécessairement manger équilibré ». Le choix d’une alimentation biologique se fait par recherche d’une nourriture « plus saine ». D’accord, mais par exemple « s’ils contiennent moins de pesticides, les bénéfices santé des produits issus de l’agriculture biologique ne sont pas scientifiquement démontrés ».
Constat : de plus en plus de Français se tournent vers les produits de l’agriculture biologique, pour des raisons, disent-ils, de santé et de sécurité, par crainte « de s’empoisonner avec une alimentation polluée, et revendiquent leur envie de manger sain », explique Florence Rossi, diététicienne, responsable Communication de l’AFDN.
Mais il ne faut pas se tromper outre mesure dans ces choix car « manger bio ne signifie pas nécessairement manger équilibré et on peut se nourrir de façon équilibrée bio ou pas bio », ajoute-t-elle, car vouloir manger sain c’est « s’attacher à varier les aliments, à préférer les fruits et légumes aux produits gras et sucrés, à diminuer le sel ».
Quels repères ? Réponse : le PNNS. Ainsi on peut proposer : viande, œuf, poissons 1 à 2 fois par jour, lait, laitages et fromage à raison de 3 portions par jour, féculents, pommes de terre, pain, légumes secs, céréales à chaque repas ; fruits et légumes : 5 portions par jour ; produits sucrés à consommer avec modération ; matières grasses (huile, beurre, crème, …) et sel à limiter ; eau : quotidiennement, en moyenne 1l L à 1,5 L par jour
Il ne s’agit pas, naturellement, de dénigrer les qualités de l’agriculture biologique, "mode de production très encadré et réglementé [et contrôlé] par des organismes certificateurs : elle exclut tout produit chimique de synthèse, les pesticides, les engrais chimiques, se démarquant ainsi de l’agriculture conventionnelle ». Chez nous, elle ne représente encore moins de 10 % de toute la production de produits agricoles et de denrées alimentaires : vin, viande, poisson, œufs, laitages, fruits, légumes, pains…
Problème : « même si les prix ont baissé, ces produits restent chers car le rendement est plus faible et la régulation de la production en fonction des demandes du marché est moins simple, entraînant plus de pertes ».
En conclusion, l’AFDN dit : « moins de pesticides mais plus de microbes »… et ajoute : « Les bénéfices santé d’une alimentation bio ne sont pas scientifiquement démontrés. Ainsi, concernant les apports en vitamines ou minéraux, les résultats sont contradictoires selon les études car les teneurs sont variables en fonction de la qualité et de la nature du sol. S’ils contiennent moins de pesticides, on note un plus grand nombre de contaminations par différents microbes ou champignons car ils ne subissent pas de traitements antifongiques et donc les produits bio se conservent moins longtemps… Qu’ils soient bio ou pas, les produits frais ne doivent pas se garder trop longtemps si on veut préserver la qualité des vitamines, en particulier la vitamine C qui s’oxyde facilement ».
: Label de qualité français, créé en 1985 par le ministère de l’Agriculture (son propriétaire) et promu par l’Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique (Agence BIO). Il garantit que l’aliment est composé d’au moins 95 % d’ingrédients issus du mode de production biologique, respecte la réglementation en vigueur en France, que la certification est placée sous le contrôle d’un organisme agréé par les pouvoirs publics français, et répond à des critères d’indépendance, d’impartialité, de compétence et d’efficacité.
Mis en ligne par Yann-Mikael Dadot, Santé log, le 20 février 2009
Vignette et visuel Agence Bio : http://www.agencebio.org
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Cette actualité a été publiée le 20/02/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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