MATERNITES en moins, CESARIENNES de plus en plus
Actualité publiée le 08-12-2008
Naissances :
La fermeture des petites maternités, qu'elles soient publiques ou privées, entraînant une réduction de 30% du nombre de maternités en 10 ans semble motivée par une logique économique. Depuis le plan périnatalité de 1994, si les maternités sont encouragées à fonctionner en réseau, elles s’inspirent aussi de plus en plus des pratiques des grands CHU habilités à prendre en charge les grossesses à risques et pratiquent de manière plus courante les césariennes.
Cette explication semble curieusement être une des justifications de l’augmentation du nombre de césariennes pratiquées et pas toujours justifiées. Mais pas la seule.
En effet, la césarienne qui peut être programmée, participe à la flexibilité aujourd’hui nécessaire à l’organisation des naissances.
Sa programmation même permet d’organiser la naissance en tenant compte du choix d’un établissement, de la disponibilité d’une équipe et d’une permanence de soins, d’un niveau de compétence. Elle permet de réguler le flux des accouchements et d’éviter les périodes de « surcharges » courantes dans les établissements les plus importants.
Le rapport de la FHF précise ainsi : « la croissance du nombre des césariennes correspond à une volonté d’optimiser des coûts de production, volonté que la logique de la Tarification à l’Activité ne peut que renforcer ».
Le PMSI ou « Projet de médicalisation des systèmes d’information » démarré en 1982 et confirmé par Alain Juppé en 1996, avec pour objectif de définir l’activité d’un établissement et de préciser en conséquence l’allocation budgétaire a probablement accéléré cette logique de rentabilité.
Sur le plan médical, le recours trop systématique aux césariennes pose bien sûr la question de sa justification médicale mais également de sa qualité de pratique dans les établissements les moins importants.
Cette augmentation du nombre de césariennes n’est pas spécifique à la France mais généralisé à l’ensemble des pays industrialisés, probablement face aux mêmes contraintes budgétaires.
On constate ainsi
- une augmentation du taux chez les primipares
- une augmentation du taux pour les patientes ayant déjà accouché par césarienne
- un recours plus fréquent et systématique à la césarienne en cas de siège
- une demande plus fréquente de césarienne par les femmes dans certaines situations (jumeaux, sièges...)
La FHF suggère donc, dans son rapport, que les données du PMSI mais aussi de l’âge gestationnel, du nombre d’enfants (ou de grossesses) et de l’antécédent de césarienne(s) de la patiente deviennent des critères objectifs de décision de pratique ou non de la césarienne.
Source : Etude FHF sur les césariennes
Auteur : P. Bernanose, Santé log, mis en ligne le 8 décembre 2008
Lire aussi sur le blog : http://santeblog.typepad.com/sante_blog/2008/12/trop-de-cesariennes-en-france-si-oui-pourquoi-.html
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Cette actualité a été publiée le 08/12/2008 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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