MEDICAMENTS : SORTIS DE LA RESERVE HOSPITALIERE, mais absents des officines ?
Actualité publiée le 06-02-2010
Appel d'offre
De quels médicaments s’agit-il ? Des immunosuppresseurs (post-greffe d’organe), des chimiothérapies, des antiviraux (VIH, virus de l’hépatite C), des EPO pour insuffisants rénaux… Qui pose (indirectement) la question ? Le laboratoire Roche Pharma, qui constate depuis 2005 des « dysfonctionnements dans la distribution de nos médicaments » sortis de la réserve hospitalière (SRH), mais renouvelables en ville après une prescription hospitalière initiale.
Ces dysfonctionnements se résument ainsi : certains grossistes-répartiteurs ne référencent pas certains de ces médicaments d’exception (du fait de leur faible rotation ?), et les officines se trouvent parfois de ce fait en rupture de stock, face à des patients chez lesquels l’observance étroite est absolument essentielle. Au pharmacien de gérer le stress de ce patient en quand le produit manque au niveau de la répartition.
Que faire ? Réponse de Roche : « Dans l’objectif de contribuer à l’égalité d’accès à des soins de qualité pour tous les patients, et de permettre notamment les meilleures conditions d’accès à ses médicaments, Roche a décidé de procéder à une réorganisation de la distribution de ses médicaments en ville ».
Cette décision s’est traduite par une démarche peu courante : un appel d’offres lancé le 8 janvier en direction de TOUS les grossistes-répartiteurs « pour mettre en place une distribution sélective et durable de tous ses traitements ». Après consultation des autorités : DGCCRF pour les règles de la bonne concurrence, AFSSAPS pour l’accès aux médicaments agréés, et de la profession de la répartition, Roche adopte une démarche que l’on peut résumer ainsi : « Confier la distribution de ses médicaments aux grossistes-répartiteurs qui présenteront tous les critères de qualité identifiés comme indispensables à une distribution optimale et adaptée à chaque patient ». Cet appel d’offres, qui doit s’étendre sur 2 ans et devrait prendre effet, espère-t-on, au cours du 1er semestre, a pour objectifs la disponibilité des médicaments dans les 24 h, de (re)sécuriser leur distribution en ville (chaîne du froid, traçabilité), de proposer formation et information aux officines sur ces produits pour un meilleur dialogue (de qualité hospitalière) avec les patients sur le médicament et bon usage, et bien sûr « adapter la logistique » (du répartiteur au patient) pour soutenir le soin apporté aux pathologies graves.
La SRH des médicaments d’exception a été largement vécue comme une libération psychologique par ces patients qui n’avaient qu’un souhait : n’être plus obligés de se rendre à la pharmacie hospitalière (ou PUI) pour tenter d’oublier le souvenir de leur hospitalisation, et se procurer ces médicaments à la pharmacie de leur quartier ! La démarche de Roche est donc décidée sur le constat d’un dysfonctionnement de la distribution de ses produits. Ceci est en augmentation depuis 2005, dit le laboratoire. Ce constat l’oblige à répondre aux appels directs des officines en rupture de stock, et à organiser la livraison directe aux officines des médicaments manquants chez les grossistes-répartiteurs… En 2009, Roche a ainsi livré 580 officines par mois « pour non disponibilité auprès des grossistes-répartiteurs ». Un cahier des charges pour le choix des grossistes-répartiteurs a été élaboré, comportant 98 items : bonnes pratiques de distribution, conformité aux normes, capacité à assurer la disponibilité des médicaments dans le respect de l’assurance-qualité, maîtrise spécifique de la complexité des produits SRH de Roche, qualité du service aux officines, traçabilité, engagement dans une démarche de développement durable, etc.
2 impératifs pour le pharmacien qui compte parmi les habitués de son officine des patients traités en ville avec des médicaments SRH: d’une part de disposer le plus vite possible du médicament demandé – au besoin en contactant directement le laboratoire si le/les répartiteur(s) appelés n’en ont pas la disponibilité ; d’autre part faire face à la détresse morale et physique du patient qui vient d’apprendre que son médicament n’est pas disponible dans l’immédiat. Ici d’ailleurs, il est souhaitable que le pharmacien contacte le médecin du patient, en ville ou à l’hôpital.
La réflexion des officinaux est logique : puisque les SRH sont sortis de l’hôpital pour rejoindre l’officine, c’est pour nous une obligation de disposer de ces médicaments au bon moment. Mais tout n’est pas toujours ainsi « dans le meilleur des mondes [pharmaceutiques] possibles », comme aurait pu dire Voltaire. Solution pour l’officine : Planifier très en amont ses commandes de médicaments SRH.
Source : Présentation du laboratoire Roche : « Appel d’offres en vue de la mise en place d’un réseau de distributeurs adapté nos médicaments », mis en ligne par Jean-Marie Manus, Santé log, le 5 février 2010 (Visuels Leem - Michel Hasson )- A partir des interventions du Dr Jean-François Chambon, Affaires publiques, de Sylvie Caccia, directeur juridique, de Valérie Durocher, responsable officines, Roche et de Philippe Soussy, pharmacien d’officine.
Accéder aux dernières actualités sur le Médicament
Réagissez à cette actu sur Santé Blog
Cette actualité a été publiée le 06/02/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
|