MOBILES ET SANTÉ : Les parlementaires reviennent à la charge
Actualité publiée le 29-08-2010
J.O.
Après quelques mois d’accalmie, les questions de parlementaires au ministère de la Santé sur les risques pour le corps humain des émissions des téléphones mobiles vont reprendre. Une première est adressée à Mme Bachelot. M. Patrick Roy, député, mentionne l’étude internationale Interphone, qui laisse penser à « un léger accroissement du risque de certains cancers » pour ceux qui utilisent leur mobile depuis plus de 10 ans, une épidémiologiste de l’étude estimant que l’on est « dans l’incertitude », et qu’on n’a pas (encore) « d’éléments probants pour conclure ».
Interphone serait en outre « un peu précoce » du fait de la faible durée écoulée d’usage du portable, alors qu’un cancer met de 10 à 20 ans pour apparaître.
L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (AFSSET) a publié fin 2009 un rapport d’expertise collective faisant le point des connaissances sur les risques des radiofréquences, rappelle le ministère. La conclusion générale est que les études biologiques et cliniques disponibles n’indiquent pas d’effet sur la santé à court terme ni à long terme de l’exposition aux radiofréquences.
Les données épidémiologiques n’indiquent pas non plus d’effets à court terme de l’exposition aux radiofréquences. Mais des interrogations demeurent pour l’exposition aux champs électromagnétiques émis par les téléphones mobiles, même si aucun mécanisme biologique analysé ne plaide actuellement en faveur de cette hypothèse.
Les interrogations demeurent, et pour cette raison, le ministère de la Santé, comme d’autres instances concernées, recommande des précautions d’usage permettant à l’utilisateur de limiter son exposition aux champs électromagnétiques émis parles téléphones. Un dépliant informatif a été publié en 2007 et est en ligne sur le site du Ministère. Par ailleurs, une table-ronde sur le thème Radiofréquences, santé, environnement s’est tenue au printemps 2009 à la demande de François Fillon, pour définir des dispositifs permettant de renforcer l’information du public, avec notamment un site interministériel qui se prendrait le même nom que la table-ronde.
Autre initiative : l’affichage obligatoire dans tous les lieux de vente, à l’intention du public, du débit d’absorption spécifique des téléphones mobiles, par décret en Conseil d’Etat. Enfin, l’article 72 du projet de loi portant engagement national pour l’environnement prévoit des dispositions concernant les téléphones mobiles : obligation de fournir lors de la vente un accessoire limitant l’ »exposition de la tête (le point le plus sensible), interdiction de la publicité pour la vente ou l’usage d’un téléphone mobile par les enfants de moins de 14 ans, interdiction de l’usage par un élève dans une école ou un collège d’un téléphone mobile (1).
Cela dit, on doit par ailleurs rappeler que les opérateurs de téléphone mobile, regroupés dans l’AFOM (Association française des opérateurs mobiles), publient un dépliant : Mon mobile et ma santé, qui prodigue notamment des conseils de bon usage du téléphone mobile. Une notion importante y est expliquée (évoquée dans la réponse ministérielle ci-dessus) : le DAS ou débit d’absorption spécifique.
Le DAS (en anglais SAR, pour Specific absorption rate), est le niveau maximal d’ondes radio auquel peut être exposé l’utilisateur au moment de la communication. Une limite a été fixée pour le DAS des mobiles : 2W/kg, encore qu’au cours d’une communication l’exposition atteigne rarement ce seuil. Mais le DAS est important, l’OMS et les autorités sanitaires nationales indiquent qu’aucun risque pour la santé n’a été établi pour un DAS inférieur à 2W/kg. Cette norme a été fixée avec un coefficient important de sécurité (large marge de sécurité) pour protéger les utilisateurs d’éventuels effets à long terme (2).
Sources :
(1) Journal Officiel, questions écrites aux ministres, juin 2010
(2) Source : AFOM - www.afom.fr
mise en ligne par Claire Tancrède, Santé log, le 28 août 2010
Accéder aux dernières actualités sur Mobiles et santé
Réagissez à cette actu sur Santé Blog
Cette actualité a été publiée le 29/08/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
|