MONOXYDE DE CARBONE : 16 DECES et 420 hospitalisations
Actualité publiée le 25-01-2010
Intoxications

D’après le dernier rapport de l’institut de veille sanitaire du 18 janvier, 16 décès sont liés à une intoxication au monoxyde de carbone, 1.742 personnes ont été exposées et 420 personnes hospitalisées depuis le 1er septembre 2009. Au cours des 2 dernières semaines, 350 personnes ont été exposées au CO parmi lesquelles 84 ont été hospitalisées. Attention, Le monoxyde de carbone est un gaz asphyxiant indétectable qui peut être mortel en moins d’1 heure. Dès la mise en route des chaudières, le ministère de la santé a mis en place, depuis octobre, un nouveau dispositif et l'INPES a rappellé avec une nouvelle campagne de communication les précautions d’usage. Mais les intoxications se poursuivent avec le froid et le fonctionnement des chauffages.
Les lieux de survenue, répartis sur tout le territoire, sont variés, école, magasin, foyer rural , restaurants, église et domicile. Les sources d’intoxication au CO sont soit une cuisinière à gaz, soit un chauffage, soit un groupe électrogène dans un local fermé. Ainsi, selon le système Oscour, 751 personnes ont eu recours à un service d’urgence pour effets toxiques du CO depuis le 1er septembre 2009. Le système de surveillance des intoxications au CO dénombre, quant à lui, 1 132 personnes transportées vers un service d’urgence. Au cours des deux dernières semaines de décembre, certaines régions auraient été particulièrement touchées, il s’agit de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (17,5 %), Nord-Pas-de-Calais (13,4 %) et Pays de la Loire (12,3 %).
Le monoxyde de carbone résulte d’une mauvaise combustion au sein d’un appareil ou d’un moteur à combustion, fonctionnant au gaz, au bois, au charbon, à l’essence, au fuel ou encore à l’éthanol. Il peut être mortel en moins d’une heure. C’est dans l’habitat qu’a lieu la grande majorité des intoxications au monoxyde de carbone (86 %) fréquemment en raison de la mauvaise combustion d’une chaudière (42,4 % des cas d’intoxications).
Chaque année en France, les intoxications dues au monoxyde de carbone (CO), font 5.000 victimes et une centaine de décès. Le nombre annuel de décès par intoxication au monoxyde de carbone (hors incendies et suicides) a néanmoins fortement diminué, passant de près de 300 cas à la fin des années 1970 à une centaine de cas entre 2000 et 2004. Néanmoins, le CO, qui se diffuse très vite dans l’environnement et est absorbé rapidement par l’organisme est la première cause de mortalité par intoxication aiguë en France.
N’importe qui peut être victime de cette intoxication mais le risque d’intoxication est accentué par les conditions sociales (habitat vétuste, défaut d’entretien des appareils, chauffage d’appoint), par les phénomènes météorologiques (froid intense, brouillard) et les habitudes locales.
Diagnostic et prise en charge des patients intoxiqués : Le diagnostic est difficile : Ainsi, une enquête de SOS médecins réalisée dans 30 villes de France durant l’hiver 1993-1994 a montré que malgré la présence d’au moins deux symptômes évocateurs d’intoxication au CO, un patient intoxiqué sur 2 n’est pas diagnostiqué si le médecin n’est pas équipé d’un carboxymètre. En cas de diagnostic, le traitement médical proposé en général est l’administration précoce d’oxygène à 100 % : oxygénothérapie normobare ou hyperbare. Bien sûr, tout doit être également mis en œuvre dans les meilleurs délais pour déterminer la cause de l’accident, neutraliser la source de pollution, et la traiter afin de prévenir des intoxications secondaires dans l’entourage de la victime.
Un nouveau dispositif de surveillance des intoxications au monoxyde de carbone a été mis en place par l’Institut de Veille Sanitaire et permet l’alerte immédiate afin d’écarter les personnes exposées de la source de monoxyde de carbone et de prévenir les premières intoxications ou récidives par la gestion du risque, et l’information à visée épidémiologique. Les signalements des services d’urgence des hôpitaux, des services d’oxygénothérapie hyperbare, des services d’incendie et de secours (Sdis), des laboratoires d’analyses médicales ainsi que des médecins généralistes déclenchent des enquêtes environnementales et médicales sont mises en œuvre pour décrire les cas et identifier l’origine de l’intoxication.
En bref, l’INPES rappelait dès octobre avec son nouveau dispositif de communication, de penser faire vérifier et entretenir les installations de chauffage et de production d’eau chaude et les conduits de fumée par un professionnel qualifié, d’aérer au moins 10 minutes chaque jour, et de respecter les consignes d’utilisation des appareils à combustion « prescrites ».

Source : INPES et Ministère de la santé, mise en ligne Maurice Chevrier, santé log, le 25 janvier 2010

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Cette actualité a été publiée le 25/01/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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