MORT SUBITE DU NOURRISSON : Une anomalie de la sérotonine en cause
Actualité publiée le 04-02-2010
JAMA
Une production insuffisante de sérotonine chez les bébés pourrait être responsable du syndrome de la mort subite du nourrisson, selon une étude américaine publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA). La mort subite du nourrisson est la première cause de décès chez l’enfant de moins d’un an et touche chaque année, environ 300 nouveau-nés en France.
La Haute Autorité de Santé définit la mort inattendue du nourrisson comme « tous les cas de décès survenant brutalement chez un nourrisson alors que rien dans ses antécédents connus ne pouvait le laisser prévoir». La mort inattendue du nourrisson est la 1ère circonstance de mortalité post néonatale et touche environ 500 nouveau-nés par an dont 300 sont recensés comme « mort subite du nourrisson, MSN ».
Les chercheurs issus de l’Hôpital pédiatrique et de la Harvard Medical School, (Boston,Massachusetts) du département de biochimie de l’Université du New England College of Osteopathic Medicine (Biddeford, Maine), de l’hôpital des enfants et de la faculté de medicine de San Diego, des New England Research Institutes (Watertown, Massachusetts) et de l’université de Melbourne, Australie, ont mené l’étude Autopsy, sur 41 enfants décédés de mort subite.
Les résultats de l’étude montrent que des anomalies des récepteurs « 5-HT » de la sérotonine, pendant une certaine période critique du développement, pouvaient expliquer la mort subite du nourrisson. En effet, chez les enfants morts de mort inattendue, les niveaux de sérotonine se sont avérés de 26 % inférieurs aux niveaux constatés sur des enfants décédés en raison de d’autres causes, identifiées. La sérotonine est un neuromédiateur ou neurotransmetteur qui permet la transmission de l’influx nerveux entre les neurones et entre un neurone et un muscle. Cette substance joue un rôle important dans la respiration, le rythme cardiaque et le sommeil. Une certaine déficience de sérotonine pourrait ainsi engendrer une réduction de la capacité du nouveau-né à réagir normalement en cas de diminution de l’oxygène et en position couchée sur le ventre.
Les chercheurs rappellent aussi que la prévention la plus efficace contre le risque de mort subite du nourrisson est de coucher le bébé sur le dos. L’Association Naître et Vivre, en France, qui accompagne, soutient et informe les parents qui ont perdu un enfant avant, au moment et-ou après la naissance met à disposition sur son site, des documents d’information et de conseils aux parents*.
Source : JAMA (Abstract), Association Naître et Vivre*, mise en ligne Maurice Chevrier, santé log, le 4 février 2010 |