NEURONES : DECOUVERTE D’UNE PROTEINE qui peut les maintenir en VIE
Actualité publiée le 29-01-2010
Recherche fondamentale
Des équipes de l’Institut Pasteur et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ont identifié dans le virus de la rage une de ses protéines dont une région-clé lui permet de maintenir en vie les neurones humains qu'il infecte, condition sine qua non à sa propagation dans l'organisme. En identifiant les mécanismes facteurs de survie ou de mort des neurones, ces travaux français pourraient ouvrir la voie à des perspectives thérapeutiques, avec même des applications au-delà de la rage, c’est dire au traitement de maladies neuro-dégénératives ou d’autres pathologies. Ces travaux ont reçu le soutien financier de l’Agence nationale de la recherche et viennent d’être publiés online sur le site de Science Signaling.
L’Unité de neuro-immunologie virale, dirigée par Monique Lafon, et l’Unité de résonance magnétique nucléaire, dirigée par Muriel Delepierre, se sont impliquées dans l’identification de cette protéine d’enveloppe du virus de la rage, dénommée protéine G. C’est une région capable d’induire soit la survie soit la mort des neurones humains infectés par le virus rabique.
Constat : cette région-clé est formée par les tout derniers acides aminés de la protéine et se révèle être un site d’interaction essentiel à cette fonction de vie ou de mort. Cette région s’est révélée en effet contrôler l'affinité de la protéine G pour la nature des protéines du neurone, avec lesquels la protéine virale interagit.
Le virus rabique doit maintenir en vie les neurones qu’il a infectés, pour assurer son potentiel infectieux du système nerveux de l'hôte. Les souches virales atténuées, comme celles qui ont permis l’éradication vaccinale de la rage sauvage en France, en sont incapables, et sont donc ainsi rendues non virulentes. Pour déterminer la région-clé de la protéine G nécessaire au virus pour maintenir ses cellules-cibles en vie, les scientifiques ont utilisé des virus chimériques recombinés, exprimant des protéines G hybrides issues de souches virulentes ou atténuées. Ils ont ainsi montré qu’une seule mutation de cette région suffit à modifier la nature des partenaires cellulaires et à induire la mort des neurones infectés, faisant ainsi perdre au virus rabique sa pathogénicité.
Comprendre les mécanismes de signalisation moléculaire impliqués et identifier des molécules de synthèse -peptides issus de la protéine G, ou des molécules les mimant- à visée thérapeutique, c’est maintenant la tache à laquelle s’attaquent les chercheurs. Il serait en effet envisageable d’utiliser ce fragment-clé de protéine G, ou de son équivalent de synthèse, pour induire la survie ou la régénération des neurones, ou au contraire tuer des cellules tumorales, qui se multiplient de manière anarchique.
Ces travaux se situent encore, certes, à l’étape de la recherche fondamentale, mais pourraient ouvrir des perspectives thérapeutiques, notamment pour les maladies neuro-dégénératives et certains cancers.
Source : Institut Pasteur, Paris, mise en ligne par Yann-Mikael Dadot, Santé log, le 29 janvier 2010
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Cette actualité a été publiée le 29/01/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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