NOUVEAU PLAN CANCER 2009-2013 : Pour un nouvel élan
Actualité publiée le 31-03-2009
Santé publique
Le rapport du professeur Jean-Pierre Grünfeld est accessible à tous sur les sites internet de l’Elysée, du Ministère de la Santé et des Sports et de l’institut national du cancer, depuis le 26 mars, soit un mois après sa remise au Président de la République. « Pour un nouvel élan », il présente ses recommandations de manière efficace, concrète et diplomatique, de la Recherche, à la consolidation du Plan précédent, aux chantiers de prévention prioritaires -environnement inclus- à l’organisation des soins pour s’achever sur l’accès aux soins et la qualité de vie des patients.
« L’auteur de ces propositions n’est pas un cancérologue mais il a une longue expérience de la médecine. » est-il écrit en préambule.
Rappelons avant tout que la France se situe parmi les huit pays du monde avec les meilleurs taux de survie, à la 2e place devant les États-Unis pour le cancer colorectal chez la femme et à la 6e place pour le cancer de la prostate. Mais les taux d’incidence ont augmenté d’environ 20% sur une période de 20 ans, autant chez les femmes que chez les hommes et le nombre de nouveaux cas de cancers est estimé, en 2008, à 353 000 cas et le cancer reste la première cause de mortalité en France avec 145 000 décès en 2008.
Saluons également la place donnée en début de rapport aux associations par le Pr. Grünfeld : « Les associations de patients, en particulier la Ligue Nationale contre le Cancer, ont une place centrale pour promouvoir une « juste perception » du cancer et de ses conséquences, associant clairvoyance et courage. »
La recherche, premier axe développé dans ce rapport, obéit également à une stratégie générale de l’Etat quasi « industrielle » et s’inscrit dans le contexte de réorganisation et dans un besoin de revalorisation des forces vives (5000 chercheurs) de la Recherche française.- Il faut le souligner-.
Les axes de travail recommandés « tournent » autour de l’interdisciplinarité nécessaire pour comprendre les inégalités face à la maladie ou à l’accès aux soins, les facteurs de risque associés qui se cumulent qu’ils soient génétiques, environnementaux, comportementaux ou sociaux, appelant astucieusement mais en toute légitimité « sur le pont », l’ensemble des disciplines, de la biologie aux sciences sociales. L’urgence est soulignée, en particulier sur le développement de modèles expérimentaux d’analyse des effets de l’environnement sur la survenue de tumeurs, l’impact de l’environnement ne pouvant être mesuré que sur une durée d’observation très longue et avec le support d’une surveillance et d’une analyse épidémiologique complexe. La priorisation des chantiers est recommandée « sur les facteurs génétiques de prédisposition généraux (grandes pathologies, sein, prostate, cancers colorectaux) ou spécifiques (exemple cancers de la prostate dans la population antillaise, cancers du foie dans la population d’origine africaine). » pour une recherche plus efficace, des politiques de préventions mieux ciblées et une mise en application plus rapide pour le patient. Le Plan 2 répond ici aux critiques concernant une certaine dispersion des actions – et de leur financement- et de leur mise en place sans dispositif d’évaluation par une recommandation hiérarchisée pouvant, déjà au stade de la recherche, répondre par une offre de soins à la majorité des patients concernés.
Au contraire des débats tenus sur l’éducation thérapeutique lors des débats parlementaires sur la Loi Bachelot, l’implication de l’ensemble des acteurs, en particulier des industriels du médicament, des dispositifs ou de l’imagerie, est souhaitée ainsi que le développement d’un réseau de centres dédiés aux essais cliniques des nouveaux médicaments, en phase avec la stratégie énoncée du Leem, ainsi que l’atteinte d’un taux d’inclusion de 10% des patients dans les essais cliniques.
Enfin, félicitons-nous, après avoir entendu les critiques de la Cour des comptes sur la faiblesse du pilotage de la recherche sur le cancer en France, de cette proposition de guichet unique devant mutualiser l’Inserm et l’Inca et confiant à l’Inserm les grands programmes transversaux.
Sur la continuité et la consolidation, le nouveau Plan Cancer ne reprend pas systématiquement l’ensemble des actions du plan précédent, même s’il est écrit qu’il « s’inscrit dans la continuité du Plan 2003-2007 et repose en partie, sur le socle de ses mesures, qu’il convient à la fois de consolider, pour certaines de les appliquer et pour d’autres de les faire évoluer. ». L’attention est portée sur l’évaluation de l’action par la tenue, la centralisation et le croisement des statistiques avec un rôle renforcé de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) et de la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (DRESS).
Le dépistage est recentré autour du médecin traitant qui doit être « remotivé », formé et soutenu par des outils de suivi. Là encore le dépistage est hiérarchisé autour des cancers les plus fréquents, les groupes à risques et la politique de dépistage « organisée », plutôt qu’ »individuelle ». La démarche est volontariste autour des concepts de proximité et de pragmatisme. On citera avec plaisir et à titre d’exemple la recommandation de mise en place, pour le cancer colorectal, des tests immunologiques à lecture automatisée selon les analyses et recommandations de la HAS.
La prise en charge du patient se veut également pluridisciplinaire, intégrant, de manière si possible personnalisée, la prise en charge de la douleur, la nutrition, la rééducation physique, le soutien psychologique et l’accompagnement social pour une meilleure qualité de vie. « Le médecin connaît la tumeur, le malade connaît sa vie »(1). La question de la rapidité d’accès aux traitements est posée et fera l’objet d’une étude préalable. Le souhait est exprimé d’une meilleure information du patient et de son implication dans les choix thérapeutiques qui le concernent, d’un renforcement des accès aux molécules coûteuses et innovantes afin de disposer d’une offre de soins structurée et pouvoir en analyser le bénéfice pour les malades. Enfin, recommandation est faite de travailler également à la prise en charge des séquelles éventuelles, au soutien psychologique et à la reprise de l’activité professionnelle de « l’après cancer ».
« Ce rapport est le fruit de plus de deux cents auditions et discussions avec des associations, des personnes atteintes de cancer et des professionnels de santé en cancérologie. C’est une des expériences les plus riches que j’ai vécue au cours de ma carrière de médecin. Elle m’a permis d’entendre les souffrances des uns et les espoirs de tous. Leurs témoignages, leur dévouement et leur engagement m’ont beaucoup touché. » écrit son auteur, « en guise de conclusion ».
Source : Rapport au Président de la République- Recommandations pour le Plan Cancer- Visuel et vignette InCa
2009-2013 http://www.sante-sports.gouv.fr/IMG//pdf/Rapport_Grunfeld_-_recommandations_pour_la_plan_cancer_2009_2013_-mars_2009.pdf
Mis en ligne Pascale Bernanose, Santé log, le 31 mars 2009
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Cette actualité a été publiée le 31/03/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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