Nouveau traitement pour LA GOUTTE, ce rhumatisme qu’on croyait disparu
Actualité publiée le 09-03-2010
Fébuxostat (Adénuric®)
Non seulement la goutte, rhumatisme inflammatoire, n’a pas disparu, elle est même en augmentation. C’est surtout le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires (arthrite), qui peut entraîner destruction des articulations - mains et doigts, coude, genou, pied -, et handicap. Le goutteux, l’hyperuricémique d’aujourd’hui, est un patient multirisque : HTA, infarctus, diabète, insuffisance rénale. Car la goutte, maladie métabolique si mal connue (ou pas du tout) est à la fois une maladie rhumatismale ET une maladie métabolique.
L’équation est simple : la goutte est provoquée par l’excès d’acide urique dans le sang. Quand l’uricémie dépasse un seuil standard fixé à 60 mg/L (360 micromoles/L), le risque pour le patient est la précipitation de l’acide en cristaux d’urate, qui se fixent sur les articulations et les tissus.
Les kystes solides que forment à la longue ces précipités sont connus : les tophus, dont le plus célèbre est celui du gros orteil, si souvent caricaturé chez un personnage représenté comme obèse, gros mangeur et gros buveur, qui n’a que ce qu’il mérite. Un hypo-uricémiant peut faire régresser ces tophus, à condition d’une observance absolue sur une période...indéfinie.
Un tel traitement vient d’entrer dans les officines, le fébuxostat (Adénuric®), lancé par les laboratoires IPSEN et Ménarini, que ce dernier commercialise. Il s’agit d’un médicament oral (une prise/jour de 80 ou 120 mg), un nouvel inhibiteur sélectif de la xanthine oxydase, l’enzyme par qui tout arrive. Cette nouvelle molécule, développée au Japon (pays où la goutte explose) par Teijin Pharma, a démontré sa supériorité dans plusieurs études comparatives sur l’allopurinol, la plus ancienne molécule anti-goutte pour permettre aux patients d’atteindre l’objectif consensuel : une uricémie inférieure à 60 mg/L.
Le terme goutte n’a pas une signification précise, comme d’ailleurs le terme rhumatisme. Elle fut de tout temps surtout connue à l’occasion de ses manifestations symptomatiques : arthrites très inflammatoires, douloureuses, évoluant par crises marquant la cristallisation de l’urate dans les articulations, mais avec le risque de formes chroniques avec des tophus volumineux bloquant les jeux articulaires, voire entraînant des érosions osseuses responsables de handicaps et d’impotence.
Les hypo-uricémiants tel le fébuxostat constituent une prise en charge pharmacologique optimale, mais cette prise en charge doit être plus large et porter notamment sur les règles d’hygiène de vie, notamment aliments et boissons, du fait notamment du risque cardiovasculaire de l’hyperuricémique, avec surveillance de la fonction rénale, du fait du risque d’insuffisance rénale que comporte la goutte (néphropathie goutteuse, lithiase uratique), véritablement prédictive ici…
Quant au risque de goutte en rapport avec des excès alimentaires ou la consommation de certaines boissons (bières, spiritueux), il peut être en cause dans 80 % des cas (goutte primitive), pour lesquels a été défini un consensus de mesures hygiéno-diététiques. Mais on a mis par ailleurs en évidence un facteur familial, une prédisposition de terrain (génétique) en cours d’investigation, les effets de certains médicaments tels les diurétiques chez des patients traités pour HTA…
Le patient hyperuricémique est un sujet à risque multiple, articulaire, rénal et cardiovasculaire, avec souvent en plus le risque de diabète de type 2. On note surtout que dans le monde, la goutte augmente en prévalence, notamment dans les pays ou dans des groupes ethniques qui sont passé d’une alimentation qui leur était propre à une alimentation de type occidental. C’est par exemple le Japon, ou encore les Maoris de Nouvelle-Zélande. On peut penser que les sujets en cause n‘ont pas l’équipement enzymatique nécessaire pour maîtriser l’uricémie.
Il y aurait en France quelque 600.000 hyperuricémiques, dont 25 % à risque cardiovasculaire. La prévalence de la goutte augmente avec l’âge, notamment du fait de la lenteur de formation des dépôts d’urate. La maladie, ce n’est pas l’hyperuricémie, c’est la goutte : elle en est la condition nécessaire, sinon suffisante… et c’est une maladie curable, il faut le dire. D’autant que l’uricémie se mesure facilement par un examen de biologie médicale.
Source : Réunion IPSEN/Ménarini, présentations des Professeurs Thomas Bardin (Lariboisière, Paris) et Gérard Chalès (CHU de Rennes), rhumatologues, mise en ligne par Yann-Mikael Dadot, Santé log, le 9 mars 2010
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Cette actualité a été publiée le 09/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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