OBÉSITÉ : Des circuits neuronaux qui prédisposent au surpoids
Actualité publiée le 09-09-2010
PNAS
Pourquoi certaines personnes qui suivent un régime alimentaire pourtant riche en graisses restent minces, alors que d'autres souffrent de surpoids ? Une étude internationale vient de trouver une explication : un régime riche entraînerait, chez certains sujets, les cellules du cerveau à s’isoler des signaux vitaux de prévention, qui demandent à l’organisme d'arrêter de manger. Cette isolation dépendrait de circuits neuronaux qui commencent à se former au début de la vie et peuvent prédéterminer une tendance ou non à l'obésité, avant même de manger son premier repas. Ces résultats publiés, le 8 septembre, dans les comptes rendus de la National Academy of Sciences (PNAS) et qui ouvrent une nouvelle piste pour comprendre et lutter contre l’obésité, avaient déjà l’objet d’un article début août, lors de leur communication par l’université de Yale.
"Nous avons découvert qu'un régime alimentaire riche en graisses pousse les cellules du cerveau à s’isoler du corps en devenant incapables de détecter les signaux de satiété ", déclare le professeur Cowley, un des auteurs de l’étude. Et lorsque que le corps n'est pas en mesure de détecter les signaux de satiété, il ne l’est pas non plus pour détecter la nécessité d’augmenter la consommation d'énergie en brûlant des calories. La recherche montre que chez certains sujets, les cellules du cerveau ordinaire (du système de la mélanocortine) ne se connectent donc plus avec d'autres mécanismes neuronaux qui déterminent l'appétit et la dépense énergétique. Pour le Pr. Cowley, ces résultats mettent à jour un lien essentiel dans la lutte contre l'épidémie d'obésité.
Des circuits neuronaux qui prédisposent à l’obésité : L’équipe de la Yale School of Medicine a travaillé en collaboration avec des équipes de scientifiques de Cincinnati (New Jersey, du Mexique et d’Espagne. Durant 4 mois, les chercheurs ont surveillé l'alimentation de groupes de souris et ont trouvé que 30% des animaux ayant une prédisposition à l'obésité présentaient un surpoids à comparer à 6% des animaux du groupe à cellules neuronales résistantes à l'obésité. «Ces circuits neuronaux régulent les comportements alimentaires et la dépense énergétique et forment un processus naturel dans le cerveau. Ces circuits commencent à se former au début de la vie et peuvent prédéterminer une tendance ou non à l'obésité, avant même de manger son premier repas », explique le Pr. Crowley.
Plus l’obésité est là, moins le cerveau réagit : Une alimentation riche en graisses provoque plus d’"isolation" dans les cellules nerveuses, et rend encore plus difficile pour le cerveau d’aider le corps/ la personne à perdre du poids. "Les personnes obèses ne sont pas nécessairement sans volonté. Mais leur cerveau ne sait pas combien de graisse qu'ils ont stockée, de sorte que le cerveau ne signale pas au corps d’arrêter le ravitaillement. Par la suite, leur capacité à perdre du poids est réduite de façon significative."
Source : PNAS doi: 10.1073/pnas.1004282107 « Synaptic input organization of the melanocortin system predicts diet-induced hypothalamic reactive gliosis and obesity », Yale « 1 high-fat diet, 2 different outcomes: The path to obesity becomes clearer », traduction, adaptation, mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 9 septembre 2010
Lire aussi (à publication de la même étude en ligne) : OBÉSITÉ : Mince ou obèse, en fait c’est le cerveau qui décide -
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Cette actualité a été publiée le 09/09/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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