OBESITE : L’Assemblée vote contre la limitation de la publicité
Actualité publiée le 09-03-2009
Projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires »
Alors que la lutte contre l'obésité est une priorité de santé publique pour le gouvernement, dans le cadre des discussions sur le projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires », les parlementaires ont voté hier contre un amendement (1) visant à protéger les enfants contre les publicités de produits gras et sucrés. Cela, en dépit de la mobilisation de 23 sociétés savantes, d’associations, du rapport de l’Inserm sur l’obésité et sa prise en charge et de l’opinion publique. En effet, près de 80% des Français sont favorables à la suppression de la publicité à la télévision pour les aliments très sucrés pendant les programmes pour enfants (2).
Les prévalences du surpoids et de l'obésité chez l'adulte en France sont en augmentation depuis les dix dernières années. Les dernières enquêtes montrent une prévalence de l'obésité croissant de 8,2 % à 11,3 % et du surpoids (incluant donc l'obésité) de 36,7 à 41,6% dans la population française de plus de 15 ans. Cette tendance existe pour toutes les tranches d'âge mais le taux annuel moyen d'augmentation semble plus élevé dans les tranches 25-34 et 35-44 ans.
Si les députés ont voté le 9 mars pour un amendement ayant pour objectif de faire de "la prévention de l'obésité et du surpoids une priorité de la politique de santé publique", ils ont voté contre une réglementation des publicités télévisées sur les aliments destinés aux enfants au cours des programmes destinés à la jeunesse et cela en dépit de l’accord unanime des sociétés savantes, institutions publiques de recherche (Inserm, Affsa, INca), associations et grand public.
Cet amendement énonçait : "les messages publicitaires télévisés ou radiodiffusés portant sur des boissons et des produits alimentaires manufacturés avec ajout de sucres, matières grasses ou édulcorant de synthèse, ne peuvent être diffusés pendant des programmes qui sont qualifiés par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, d'émissions dont une partie importante du public est constituée d'enfants ou d'adolescents. Ces messages ne pourront être diffusés dans les quinze minutes qui précèdent ou suivent de tels programmes".
Le désaccord de la Ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, se justifie par la signature, le 18 février dernier, juste en amont de la discussion parlementaire, par les publicitaires et les professionnels de l'audiovisuel, d’une charte de bonne conduite contre l'obésité infantile. Le Ministère avait alors annoncé « la signature de la charte pour promouvoir une alimentation et une activité physique favorables à la santé dans les programmes et les publicités diffusés à la télévision », engageant les différents signataires pour une durée de 5 ans sur les objectifs suivants : rappel des règles hygiéno-diététiques, rigueur dans la mise en scène des messages publicitaires, rappel des équivalences avec les fruits et légumes, relations avec les éducateurs et des parents, respect des grands principes du PNNS.
Un cadre certes un peu moins contraignant que l’amendement « 552 » pour l’industrie agro-alimentaire.
Auteur : Maurice Chevrier, mis en ligne le 10 mars 2009
Visuel et vignette PNNS : http://www.mangerbouger.fr/menu-secondaire/boite-a-outils/les-guides-nutrition.html
(1) Accéder au texte de l’amendement 552 de Monsieur Rolland : http://www.assemblee-nationale.fr/13/amendements/1210/121000552.asp
Accéder au communiqué de l’UFAL : http://www.ufal.org/
Accéder au rapport de l’Inserm sur l’obésité et sa prise en charge : http://www.senat.fr/rap/r05-008/r05-00812.html
(2) Enquête actualité Ipsos Sig réalisée les 11 et 12 Juillet 2008
Lire aussi :
CHARTE POUR L’ALIMENTATION : Pédagogie ou dirigisme ?
Autres actus sur le thème de l’obésité :
http://www.santelog.com/modules/connaissances/actualites-sante-recherche.php?mot_rech=obesite&zone_rech=titre&valider.x=66&valider.y=11 |