OBESITE : N’OUBLIEZ PAS LE DIABETE, SVP !
Actualité publiée le 07-09-2008

Les sujets obèses à risque de diabète ou déjà probablement diabétiques ont un autre risque : celui de ne pas être diagnostiqués comme diabétiques, mais ils ne sont pas les seuls, puisque ce risque existe aussi pour les diabétiques de poids normal. *
On sait pourtant que l’obésité augmente la probabilité de développer un diabète. Or constat ici : « l’obésité n’augmente pourtant pas la probabilité que le diabète d’un patient soit diagnostiqué »(1).
Commentant ce constat assez affligeant (qui relève de « l’inertie clinique » chère aux sociologues américains), les auteurs rappellent qu’il n’y a pas de consensus qui précise chez qui on doit tenter de dépister un diabète. Or bien sûr, le diagnostic précoce de diabète est particulièrement important chez les sujets obèses, parce que justement on leur offre moins souvent (statistiquement) la possibilité de soins de prévention qui leur permettraient d’éviter des complications sérieuses de leur maladie.
Les 5 514 sujets suivis font partie d’une vaste étude nationale : NHANES pour National Health and Nutrition Examination Survey (1999-2004). Il s’agissait d’évaluer dans quelle mesure plus l’index de masse corporelle est élevé, plus il y a de risque de n’être pas diagnostiqué comme diabétique (glycémie à jeun : >1,26 g/L).
Les patients étaient répartis en 3 catégories de poids corporel :
- poids normal,
- surpoids,
- obésité.
Près de 10 % (9,8 % exactement) étaient diabétiques, dont 28 % n’avaient jamais été diagnostiqués comme tels. En extrapolant à la population générale, cela voudrait dire qu’il y a dans la nature quelques 5,2 millions de diabétiques américains non diagnostiqués.
En outre, la proportion de sujets non diagnostiqués comme diabétiques n’était pas très différente (statistiquement) selon les groupes de poids : 22 % des sujets de poids normal, 32,5 % des sujets en surpoids, 27,4 % des sujets obèses. On constate surtout que la proportion de sujets obèses correspond, toujours par extrapolation à la population générale, à plus de la moitié des diabètes non diagnostiqués, soit 2,7 millions de patients… Comme dit l’Association américaine du diabète, qui commente cette étude-clé : Obesity Not a Red Flag for Spotting Diabetes, soit : l’obésité n’est pas un drapeau rouge (rouge = danger) pour la détection du diabète !
Il s’agit d’établir maintenant si l’inclusion du surpoids et obésité dans le dépistage du diabète peut être un bénéfice pour la santé publique, comme le disent les médecins de Boston, et après cela, ce sera aux politiques et aux professionnels de santé de jouer. Question : est-ce si différent dans les pays d’Europe ?
Auteur : Jean-Marie Manus, conseiller en santé publique Santé log
*Selon une étude présentée par le Dr Christina C. Wee et coll. (Harvard and Beth Israel Deaconess Medical Center, Boston).
(1) Diabetes Care 31:1813-1815, 2008. Accéder à l’Abstract (en anglais) : http://care.diabetesjournals.org/cgi/content/abstract/31/9/1813
Accéder aux études Nhanes : http://www.cdc.gov/nchs/about/major/nhanes/survey_results_and_products.htm
Publié le 8 septembre 2008
Réagissez à cette actu sur Santé Blog
Cette actualité a été publiée le 07/09/2008 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
|