OBESITE: TROUBLES DU SOMMEIL EN CAUSE...ET LA TELEVISION ?
Actualité publiée le 20-07-2008
Une perturbation du rythme circadien veille-sommeil a été impliquée dans la constitution (partielle) de l’obésité dans l’enfance et l’adolescence, et avec celle de l’hypertension artérielle chez l’adulte. Cette constatation est assez récente. Une étude anglo-brésilienne a décidé d’explorer cette perturbation chez des adolescents, en tenant compte d’un facteur oublié de perturbation du sommeil : la télévision.
Les adolescents suivis étaient 4 452, âgés de 10 à 12 ans. Ils ont eu à remplir un questionnaire sur la durée de leur sommeil et leurs habitudes de la télévision. Parallèlement on a déterminé leur tendance à l’obésité en utilisant l’index de masse corporelle (IMC ou BMI) et la mesure des plus cutanés (qui permet d’apprécier l’épaisseur de la masse grasse), et leur tension artérielle a été mesurée.
Résultat : le sommeil écourté est associé à l’augmentation de l’IMC, des plis cutanés, de la tension artérielle systolique, du temps passé à regarder la télévision. D’après cette étude, chacun de ces facteurs de risque agirait de façon indépendante pour favoriser l’obésité (quand ils sont réunis, c’est pire ?). On retiendra cependant que l’augmentation du poids corporel par augmentation de la masse grasse, est un facteur d’augmentation de la tension artérielle, ce qu’on savait déjà.
Conclusion : courte durée de sommeil et augmentation du séjour devant la télévision sont associées au développement de la masse grasse, à l’obésité, à l’élévation de la tension artérielle, quel que soit le niveau d’activité physique. Tout cela n’a rien à voir avec l’IMC maternel, qui peut être cependant un « prédicteur » du risque d’obésité des enfants… qui regardent trop la télévision. Pour les auteurs de l’étude, « les facteurs de comportement associés à un risque métabolique dans les pays industrialisés exercent les mêmes effets délétères dans une population en transition nutritionnelle (le Brésil rejoint progressivement le niveau nutritionnel de ces pays) et incite au choix d’interventions de santé publique ».
Auteur: Maurice Chevrier, infirmier
Publié le 19/07/08
Source: International Journal of Obesity (2008) 32, 1042–1049. J C K Wells et coll. (j.wells@ich.ucl.ac.uk)
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Cette actualité a été publiée le 20/07/2008 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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