OBESITE : Une anomalie génétique pourrait expliquer 4 millions de cas
Actualité publiée le 06-02-2010
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Près de 1 % des cas d'obésité, soit près de 4 millions de cas pourraient s’expliquer par une anomalie sur le chromosome 16. Cette nouvelle cause identifiée d'obésité offre la perspective de nouveaux traitements préventifs ciblés, basés sur l'identification des causes génétiques. Selon les résultats de l’étude menée par des chercheurs du CNRS et publiée dans la revue Nature du 4 février, les individus porteurs de cette anomalie présenteraient un risque de développer un surpoids multiplié par 50.
Cette étude a été menée par l'équipe lilloise du professeur Philippe Froguel, chercheur au CNRS, unité mixte de recherche « Génomique et physiologie moléculaire des maladies métaboliques » (CNRS / Université Lille 2 Droit et Santé / Institut Pasteur de Lille) avec des chercheurs de l'Imperial College de Londres, du Centre hospitalier universitaire vaudois de Lausanne et dix autres groupes de recherche européens.
L'obésité est une pathologie de plus en plus répandue dans le monde, D’après les dernières estimations de l’OMS 1,6 milliard d’adultes (âgés de 15 ans et plus) sont en surpoids et au moins 400 millions d’adultes sont obèses. L’OMS prévoit que d’ici 2015, quelque 2,3 milliards d’adultes présenteront un surpoids et plus de 700 millions seront obèses. Au moins 20 millions d’enfants de moins de cinq ans sont en surpoids. Si la cause fondamentale de l’obésité et du surpoids est un déséquilibre énergétique entre les calories consommées et dépensées, cette maladie fait aussi intervenir plusieurs gènes et des facteurs environnementaux. De récentes études ont révélé l'implication d'une trentaine de gènes qui augmente le risque d'obésité de manière faible ou modérée (augmentation de seulement 10 à 50 % par gène). Cette nouvelle étude permettrait donc d’expliquer l’obésité chez près de 4 millions d’obèses.
L’équipe franco-anglo-suisse s'est intéressée au rôle joué par l'absence d'un petit fragment du chromosome 16 dans l'apparition d'une forme sévère d'obésité. Les chercheurs ont découvert que cette anomalie génétique absente chez la plupart des individus, est relativement fréquente chez des personnes obèses et que, sur leur échantillon, tous les sujets porteurs de cette anomalie étaient obèses.
Cette anomalie intervient-elle dans l'obésité commune ? En étudiant l'ADN de 16.000 individus européens de poids divers, les chercheurs ont identifié 19 porteurs de cette anomalie au niveau du chromosome 16. Ces 19 individus avaient tous développé un surpoids pendant l'enfance et l'adolescence, puis étaient devenus obèses à l'âge adulte.
Cette anomalie explique près de 1 % des cas d'obésité commune (et 3 % des cas pour des personnes en surpoids qui présentent également des troubles du développement mental). De plus, le risque de développer une obésité sévère pour des individus porteurs d'une délétion du chromosome 16 est multiplié par 50 (risque accru de 5 000 %).
Si l'identité du ou des gènes responsables de l'obésité reste à déterminer, ces travaux offrent la perspective de nouveaux traitements préventifs ciblés, basés sur l'identification des causes génétiques de l'obésité, voire d'autres maladies communes, comme le diabète ou l'hypertension.
Sources: CNRS, Nature (Abstract) (Courbe “Dependence of BMI on age in subjects having a deletion at 16p11.2”), adaptation, traduction, Alexis Yapnine, santé log, le 5 février 2010 (Vignette INPES)
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Cette actualité a été publiée le 06/02/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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