OSTEOPOROSE et Aclasta® : «L’HOMME FRAGILE» enfin pris au sérieux
Actualité publiée le 18-12-2009
AMM
L’ostéoporose est-elle un apanage féminin ? Non, bien sûr, l’homme aussi peut souffrir d’ostéoporose, mais statistiquement plus tard dans la vie. Traitement de l’ostéoporose masculine et correction du risque osseux d’une corticothérapie sont les indications maintenant validées d’Aclasta®. L’ostéoporose est-elle uniquement un facteur de risque de l’avance en âge et notamment du vieillissement hormonal « protecteur » ? Non bien sûr, et il est connu que le traitement par corticoïdes (anti-inflammatoires stéroïdiens) est un facteur déclenchant : on l’a observé notamment chez les transplantés traités par corticoïdes dans le cadre du traitement anti-rejet.
Traitement de l’ostéoporose masculine et correction du risque osseux d’une corticothérapie (homme et femme) sont les indications validées au niveau européen dont peut se prévaloir l’acide zolédronique, un bisphosphonate (Aclasta®), classe thérapeutique antirésorption dotée d’une activité anti-ostéoclastes (cellules osseuses en apoptose) favorisant la reconstitution osseuse (remodelage).
Le nouveau remboursement de l’acide zolédronique dans l’ostéoporose masculine, obtenu en août dernier concerne des patients dits « à risque élevé de fractures », notamment ceux qui ont subi une fracture de l'extrémité supérieure du fémur récente (col du fémur, en fait) secondaire à un traumatisme modéré (sujets fragiles !). Trop tard ? Non, il faut éviter la récidive. Cette indication est une extension d’AMM (autorisation de mise sur le marché) obtenue en septembre 2008.
La prescription de ce biphosphonate est donc également indiquée dans les pays de l’Union européenne pour traiter l’ostéoporose déclenchée par une corticothérapie prolongée au long cours par voie générale, chez les femmes ménopausées et chez les hommes à risque élevé de fractures. Or les corticoïdes constituent des molécules essentielles dans le traitement de nombre de maladies inflammatoires ou d’origine immunitaire.
Mais cette efficacité des corticoïdes a son revers : jusqu’à 50% des patientes traité(e)s par corticothérapie au long cours vont subir une perte osseuse (ostéopénie), qui augmente la probabilité de fracture.
Selon la Fondation nationale de l’ostéoporose (NOF, Etats-Unis), 2 millions d’Américains ont une ostéoporose et 12 millions sont à risque. Constat : outre-Atlantique comme en Europe, malgré le nombre de sujet atteints ou à risque, l’ostéoporose masculine reste sous-diagnostiquée et non signalée par les patients…
Les principaux risques d’ostéoporose chez l’homme, outre l’utilisation de corticostéroïdes, sont :
-Les maladies chroniques : rein, poumons, tube digestif, maladies hormonales (hypotestostéronémie), tabagisme,
-l’abus de boisson alcooliques,
-les faibles apports de calcium et de vitamine D (habitudes alimentaires),
-l’immobilité, sédentarité excessive, etc.
Comme chez la femme, le risque de perte osseuse augmente avec l’âge, le facteur héréditaire familial, il est variable selon le groupe ethnique (plus de risque chez l’homme<blanc). Comme chez la femme aussi, le dépistage er le diagnostic recourent à la mesure de la densité minérale <osseuse (DMO) er à divers examens de biologie qui recherchent les biomarqueurs de perte ou de remodelage osseux.
L’originalité de l’acide zolédronique est son mode d’administration : une perfusion intraveineuse unique de 5 mg pendant au moins 15 minutes une fois par an. Ceci tranche nettement avec l’usage habituel des biphosphonates en comprimés. On recommande : d’une part de veiller à l’hydratation correcte des patient(e)s avant la perfusion – surtout les sujets âgés (habituellement peu buveurs) et ceux prenant un traitement diurétique ; d’autre part d’administrer simultanément une association calcium/vitamine D (voie orale ou intramusculaire). La perfusion peut être réalisée à domicile par une infirmière (à préciser sur l’ordonnance du médecin), le produit est prêt à l’emploi, le conditionnement comporte un set de perfusion. La perfusion peut être suivie d’un syndrome pseudo-grippal temporaire (jusqu’à 72 h) : fièvre, douleur musculaire (myalgie) et articulaire, céphalée, pour lequel on conseille paracétamol ou ibuprofène.
Source principale : Novartis, mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 17 décembre 2009 (Visuel Lilly www.lilly.fr, vignette INRA
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Cette actualité a été publiée le 18/12/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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