PALUDISME : Découverte d'une nouvelle voie d'infection
Actualité publiée le 21-03-2010
Institut Pasteur
Le parasite Plasmodium vivax infecte des populations considérées jusqu'à présent comme résistantes au paludisme. C’est le résultat d’une étude publiée dans l’édition en ligne des PNAS Une découverte qui remet en cause la stratégie de prévention, puisque la bactérie infecte même des personnes chez qui le récepteur connu du parasite est absent.
Le paludisme tue dans le monde près d'un million de personnes par an. Un enfant meurt toutes les 30 secondes du paludisme. Si dans plus d’un tiers des pays touchés par le paludisme, on enregistre des baisses de plus de 50% du nombre de cas en une dizaine d’années, 250 millions de nouveaux cas sont identifiés chaque année, pour la plupart chez des enfants africains. Dû au parasite Plasmodium, falciparum, très présent en Afrique, et vivax, majoritaire en Asie et en Amérique du sud, les résultats de cette récente recherche ont un impact important sur la stratégie de lutte contre la maladie. Le parasite Plasmodium vivax menace plus de 2 milliards d'individus dans le monde et provoque 70 à 80 millions de cas par an, précise l’un des chercheurs.
Les données actuelles indiquaient que le parasite Plasmodium vivax ne pouvait pas infecter les personnes dont les globules rouges ne possédaient pas à leur surface une protéine, nommée Duffy, récepteur du parasite à la surface des cellules cibles.
Mais les chercheurs de l’Institut Pasteur de Madagascar, de Paris et la School of Medicine (Cleveland) viennent de démontrer que le récepteur « Duffy » n’est pas indispensable au parasite P. vivax pour infecter les globules rouges. L’examen au microscope de frottis sanguins a, en effet, confirmé le développement du parasite dans le sang y compris chez des personnes « Duffy-négatives ». A Madagascar, le parasite vivax aurait donc rompu sa dépendance au récepteur Duffy pour se développer l’infection dans le sang. Il aurait trouvé une autre voie, encore inconnue, pour entrer dans la cellule-cible. Des études complémentaires sont nécessaires pour identifier l'hôte qui permet l’infection par le parasite, indépendamment du récepteur mais ces résultats remettent en cause la stratégie vaccinale qui cible la protéine de surface du parasite se liant au récepteur.
Source : PNAS , « Plasmodium vivax Clinical Malaria is Commonly Observed in Duffy-negative Malagasy People “ , mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 20 mars 2010 (visuel Institut Pasteur)
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Cette actualité a été publiée le 21/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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