PALUDISME : Des variations génétiques favorisent la transmission
Actualité publiée le 22-03-2010
Nature Genetics
Une équipe internationale associant des chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), des partenaires italiens et Burkinabè, vient de découvrir, après étude sur près de 4.000 personnes d’Afrique de l’Ouest, que les variations génétiques de l’être humain peuvent influencer le niveau de transmission du paludisme. Les résultats de l’étude, menée en Afrique de l’Ouest, sont publiés aujourd’hui dans la revue Nature Genetics.
Ces résultats interviennent alors qu’une très récente étude, publiée dans l’édition en ligne des PNAS soulignait, il y a quelques jours, la capacité d’infection du parasite Plasmodium vivax, de populations jusque là considérées comme résistantes au paludisme.
Chez l’homme, après s’être développé dans le foie, le parasite se multiplie en fin de processus dans le sang. On sait par ailleurs que certains types d'hémoglobines mutants (HbC et HbS), protègent contre le paludisme grave.
En rapprochant ces deux phénomènes, les chercheurs de l’IRD accompagnés de leurs partenaires africains (Institut de Recherches en Sciences de le Santé et de l'Hôpital saint-Camille de Bobo-Dioulasso du Burkina Faso) et italien (Université la sapienza de Rome) ont recherché
si ces variants de l’hémoglobine influençaient la transmission du parasite de l’homme aux moustiques vecteurs.
Une large étude parasitologique a donc été lancée sur près de 4.000 personnes vivant en zone rurale d’Afrique de l’Ouest, et des expériences de transmission expérimentale d’infection ont été effectuées sur plus de 6.000 moustiques in-vivo (les moustiques piquent des hommes portant différents types d’hémoglobine) et ex-vivo (les moustiques se nourrissent à travers une membrane de sangs de différents variants génétiques).
Un risque de transmission 3 fois plus élevé chez les porteurs d’hémoglobine C : Outre des niveaux plus élevés de parasites infectants chez les porteurs HbC, les scientifiques ont constaté que le risque de transmission du Plasmodium falciparum de l'homme au moustique est augmenté d’environ trois fois lorsque le sang infectant provient d’individus portant l’hémoglobine C.
Les mécanismes de cette augmentation ne sont pas encore élucidés, mais les résultats de ce travail montrent que la variabilité génétique influe sur la résistance aux maladies infectieuses mais pèse également sur leurs dynamiques de transmission.
Rappelons que le paludisme tue chaque année beaucoup plus d’êtres humains que le SIDA. Le paludisme a pour cible deux milliards d’individus soit le tiers de l’humanité : 700 millions de personnes sont touchées et plus de 3 millions en décèdent, pour la plupart des enfants africains. L’artémisine et la quinine restent actuellement les seuls produits efficaces contre la maladie. L’efficacité des antipaludéens de synthèse s’est éteinte et le parasite, devenu pharmacorésistant, revient dans des zones d’où il avait été éradiqué…
Source : IRD - Communiqué et visuels, mis en ligne par Maurice Chevrier, Santé log, le 22 mars 2010
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Cette actualité a été publiée le 22/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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