PARKINSON : DES SOURIS ET DES HOMMES ET… DU FER
Actualité publiée le 01-11-2008
Parkinson:
Une équipe de chercheurs français mixte (INSERM-CNRS), dirigée par Etienne Hirsch, directeur de recherche, vient de publier le résultat d’un travail qui a retenu l’intérêt. Etudiant des rongeurs exprimant un modèle animal de la maladie de Parkinson, ils ont constaté que les neurones de ces animaux ont une surcharge en fer qui finit par tuer les cellules. Parallèlement, ils ont constaté que ces modèles animaux de la maladie humaine ont un excès de transporteur du fer, le DMT 1 (divalent metal transporter), qui délivre des quantités excessives de fer aux neurones.
Le fer, minéral nécessaire à la qualité de l’hémoglobine et au transport de l’oxygène par les globules rouges, peut être toxique ! C’est le cas quand il y a surcharge, ainsi que le montrent les complications et les décès chez les sujets atteints d’hémochromatose génétique. L’accumulation de fer dans les cellules au-delà de leurs besoins entraîne ce qu’on nomme stress oxydatif (ou oxydant), un phénomène biologique connu pour endommager les lipides et les protéines des tissus et des cellules. Or cette accumulation de fer dans les neurones a déjà été notée lors de l’examen de cerveaux de sujets parkinsoniens décédés. Ainsi s’expliquerait la mort cellulaire : « Nous avons donc suspecté que l’excès de fer pouvait être impliqué dans la dégénérescence des neurones chez les patients malades », dit Etienne Hirsch.
De nos jours, il est possible de déclencher un modèle d’une maladie humaine chez un animal de laboratoire, en l’occurrence la souris, ce qui a permis de constater le quasi-doublement du transporteur du fer DMT 1 de 24 à 48 h seulement après avoir déclenché la maladie, avec pour conséquence l’accumulation de fer dans certains neurones, dits dopaminergiques. La conclusion (provisoire) s’imposait : puisque ces neurones produisent la dopamine (un neurotransmetteur), et que le déficit en dopamine est à l’origine de la maladie de Parkinson, l’accumulation de fer dans ces neurones entraîne un stress oxydatif qui détruit leur fonction, avant des les détruire. CQFD ?
Oui mais… il fallait prouver que DMT 1 peut être contré. En freinant l’expression du transporteur chez des souris rendues parkinsoniennes, ces rongeurs ont beaucoup mieux résisté à la maladie que les souris de la première expérimentation : ils étaient deux fois moins touchés, comme si l’altération du transporteur les avait protégés contre l’effet toxique du fer. Une piste pour un nouveau traitement ?
Ces résultats ont été publiés par l’équipe française (14 chercheurs) sous le titre Divalent metal transporter 1 (DMT1) contributes to neurodegeneration in animal models of Parkinson’s disease dans les comptes-rendus de l’Académie nationale de sciences américaine (PNAS, 27/10/2008).
Auteur : Louis-Marie Sibuée, biologiste
Mis en ligne le 1 er novembre 2008
Accéder au résumé en français sur le site de l’Inserm : http://www.inserm.fr/fr/presse/communiques/hirsch_281008.html
Télécharger le communiqué : http://www.inserm.fr/fr/presse/communiques/att00008257/hirsch_281008_der.pdf |