PERDRE DU POIDS OU MAIGRIR : CONFUSION SUR LE RIMONABANT
Actualité publiée le 08-08-2008

Vidéo de Rimonabant: http://www.sanofi-aventis.com/events/event1/fr/videos/video_rimo.asp
On vient d’apprendre que l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) vient d’adresser aux médecins amenés à prescrire le rimonabant (Acomplia®) aux patients en question une lettre de mise en garde sur un effet indésirable du rimonabant, déjà identifié depuis un certain temps : le déclenchement d’un syndrome dépressif. Cette mise en garde et le Plan de gestion des risques (PGR) liés au rimonabant (PGR qui existe pour d’autres médicaments) a été monté en épingle par les médias.
Toutes ces précautions, normales car relevant de la pharmacovigilance, sont prises en accord avec Sanofi-Aventis, qui a déjà publié des mises en garde dans tous les pays où le rimonabant est aujourd’hui prescrit.
C’est oublier que tout médicament actif n’est jamais dépourvu d’effets indésirables (dits secondaires ou collatéraux). On se souvient de l’affaire des statines (anti-cholestérols) et des lésions musculaires, des anti-inflammatoires dits anti-Cox2 et des problèmes cardiovasculaires, du risque tératogène de l’isotrétinoïne, anti-acné puissant obligeant à une contraception 6 mois avant et 6 mois après le traitement, etc. Dans un autre domaine, un patient sous AVK, anticoagulant efficace mais à marge thérapeutique étroite, la prise en automédication à l’insu du médecin, s’expose à un haut risque hémorragique.
La prescription du rimonabant doit donc respecter non seulement les indications, très encadrées, mais également les contre-indications et les précautions d’emploi, remises à jour.
Par son mode d’action sur les récepteurs CB1, le rimonabant régule la prise alimentaire et le stockage des graisses (augmentation de la masse grasse), d’où la confusion avec un « médicament amaigrissant » (qui n’existe pas). Autrement dit, le rimonabant agit positivement sur des sites cérébraux de la satiété. Il est indiqué comme traitement adjuvant chez des sujets obèses (indice de masse corporelle : ≥ 30 kg/m²) ou en surpoids (IMC : ≥ 27 kg/m²) avec facteurs de risque (notamment hyperlipidémie) à raison d’un comprimé de 20 mg par jour. Les troubles dépressifs peuvent apparaître dès le premier mois de la prescription, mais dans les trois mois dans 8 cas sur 10.
On notera que cet effet indésirable a fait refuser à Acopmlia® son entrée aux Etats-Unis, par décision de la FDA. Ce refus – on pense provisoire – a justifié la mise à jour des informations sur le rimonabant. Comme le précise l’AFSSAPS, le signalement depuis deux ans des effets indésirables en question ont justifié la surveillance renforcée des patients. Mais l’Agence y insiste « le bénéfice d’Acomplia® reste supérieur à ses risques chez les patients ne présentant pas de dépression, en revanche, le risque de troubles dépressifs (associés ou non à des idées suicidaires) est multiplié par deux chez les patients obèses ou en surpoids traités par Acomplia® par rapport aux patients non traités, qu’ils aient ou non des antécédents psychiatriques ». La dépression de ces patients n’est peut être pas étrangère à leur problème de santé.
Sur le site de l’AFSSAPS (www.afssaps.sante.fr), toute l’information sur ce sujet est disponible, y compris un document en 7 points (questions-réponses) destiné aux patients, que le professionnel de santé peut imprimer et lui remettre, car on ne voit pas comment cette information, qui rétablit les erreurs des médias, pourrait parvenir jusqu’aux patients !
Auteur : Jean-Marie Manus, conseiller en santé publique Santé log
Mis en ligne le 8 août 2008
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