PESTICIDES : PARKINSON pour les agriculteurs et RESIDUS DANS NOS ASSIETTES
Actualité publiée le 20-06-2009
Sécurité sanitaire des aliments
Si l’exposition aux pesticides double quasiment le risque de survenue de la maladie de Parkinson parmi les agriculteurs*, ce risque concerne également la sécurité sanitaire de l’ensemble de la population : La dose journalière d’exposition alimentaire théorique aux pesticides autorisée est dépassée, selon une étude de l’AFSSA, pour 33 substances actives pour une exposition sur la vie entière. Et l’orange, la tomate ou le riz…sont d’importants contributeurs.
Des résultats obtenus sur « une population bien précise d’agriculteurs » : Les résultats montrent que les agriculteurs exposés aux pesticides avaient un risque presque deux fois plus élevé de développer la maladie de Parkinson que ceux qui n’en utilisaient pas. Les insecticides organochlorés ont été tout particulièrement identifiés mais l’implication d’autres types de pesticides moins fréquemment utilisés n’est pas exclue par les chercheurs.
Cette étude couvre le champ des expositions professionnelles de longue durée («long term occupational exposure ») mais qu’en est-il des expositions environnementales de longue durée (« long term exposure in a general environment »)
Qu’en est-il pour les populations riveraines ou la population générale ?
Au-delà du rôle de l’exposition aux pesticides à des niveaux élevés en milieu professionnel, ces résultats soulèvent la question des conséquences d’une exposition à plus faibles doses.
L’OMS a publié un rapport en 1990 très complet **sur l’ensemble des études épidémiologiques réalisées dans le monde sur les effets des pesticides sur la santé. Ces études, même si certaines, selon l’OMS, n’obéissent pas à des méthodologies toujours rigoureuses, aboutissent à des cas de maladies osseuses, de cancer, de malformations à la naissance, de maladies de peau, de dégradation du système immunitaire…Très peu de données épidémiologiques sont en effet disponibles sur le lien entre proximité, exposition ou utilisation de pesticides et les effets à court terme ou à plus moyen terme sur la santé. En effet, il est difficile, en particulier, dans un contexte de population générale de faire un rapprochement entre exposition de longue durée aux pesticides et maladies.
Néanmoins, les cas de contamination par l’absorption de nourriture contaminée sont légions. Le même rapport recense sur les seules études recensées plus de 14.000 cas de contamination avérés et plus de 1300 décès. Là encore, les effets possibles sont des maladies ophtalmiques, des cancers, des problèmes respiratoires…
3 voies de contamination sont logiquement identifiées par l’OMS :
- L’ingestion de nourriture ou d’eau contaminée
- L’inhalation d’air et/ou de poussière chargés en pesticide
- Le contact par la peau
A ce jour, on connaît mal les effets des résidus de pesticides ou autres, contenus dans la nourriture, l’eau et l’air sur la santé humaine. Même s’il existe des teneurs limites, ces limites ne prennent pas en compte les autres expositions à d’autres polluants. L’accumulation de ces substances toxiques peut faire varier les risques de maladies selon la vulnérabilité des personnes.
Le Pôle d'appui scientifique et méthodologique à l'évaluation des risques (PASER), au sein de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) est chargé d’analyser, entre autres, les risques liés aux pesticides. L’AFSSA a lancé pour la période 2006-2009 la réalisation d'une nouvelle étude étendue aux substances nécessitant des connaissances actualisées ou approfondies en terme de santé publique, dont, en particulier les résidus phytosanitaires, notamment organochlorés, organophosphorés, pyréthrinoides et carbamates. Cette étude a abouti au développement d’un indicateur d’exposition alimentaire chronique aux pesticides tenant compte des pratiques phytosanitaires en France et actualisation de la liste de l’Observatoire des Résidus de Pesticides (ORP) de substances actives prioritaires.
En avril 2008, l’indicateur d’exposition alimentaire théorique aux pesticides (AJMT) dépasse la dose journalière autorisée pour 33 substances actives (8 % des molécules étudiées) pour une exposition sur la vie entière. Parmi ces substances, 8 sont autorisées (5 inscrites à l’Annexe 1 de la Directive 91/414/CE et 3 en cours d’évaluation), 25 sont interdites (21 retirées, 3 polluants organiques persistants (POP) de la Convention de Stockholm et 1 en cours d’évaluation).
Les classes d’aliments les plus contributrices (fruits, légumes et céréales) aux apports théoriques en pesticides ont été analysées pour 70 substances actives prioritaires. Une analyse des contributions à l’AJMT supérieures à 2,5 % de la DJA a permis d’obtenir trois listes de denrées végétales soit 22 fruits, 28 légumes et 5 céréales classés selon leurs fréquences de contributions décroissantes.
Ainsi, les 3 principaux contributeurs à l’AJMT sont :
- pour les fruits : l’orange, la pomme et le raisin de cuve ;
- pour les légumes : la tomate, le haricot avec gousse et la pomme de terre ;
- pour les céréales : le blé tendre, le blé dur et le riz…
Cet indicateur d’exposition alimentaire théorique aux pesticides doit être réévalué au regard résultats de nouvelles enquêtes.
Source Inserm http://www.inserm.fr, mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, Santé log, le 19 juin 2009 (Vignette AFSSA, affiche INRS)
**Rapport OMS: http://whqlibdoc.who.int/publications/1990/9241561394.pdf
AFSSA : http://www.afssa.fr/Documents/PASER-Fi-ORPresume.pdf
Lire aussi : BIOSURVEILLANCE : Des traces de pesticides dans nos urines !
*EXPOSITION AUX PESTICIDES = DOUBLE RISQUE DE PARKINSON
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Cette actualité a été publiée le 20/06/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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