PLAVIX® : SANOFI-AVENTIS ET BMS revoient leurs recommandations
Actualité publiée le 17-03-2010
Pharmacogénétique
La pharmacogénétique et son application, la pharmacogénomique, s’intéresse à la capacité innée de l’organisme humain à métaboliser un médicament. On sait que divers gènes qui codent cette capacité, peuvent modifier le devenir du médicament, et son action, chez un patient. Aussi Sanofi-Aventis et Bristol-Myers Squibb (BMS) ont-ils modifié les conseils de prescription de Plavix® (clopidogrel), antiplaquettaire de la recherche du laboratoire français, développé et commercialisé en partenariat.
La fiche du produit comportera un encadré concernant la baisse d’efficacité de Plavix® chez les patients porteurs d’une mutation génétique responsable d’une concentration sanguine basse du métabolite (forme active du clopidogrel). Ces faibles métaboliseurs (poor metabolizers), représentent environ 2 % des sujets de race blanche, 4 % des de race noire et 14 % d’origine chinoise aux Etats-Unis. Dans la population générale, leur proportion moyenne est évaluée à 3 %. A l’échelle d’une population, c’est beaucoup, car cet antiplaquettaire est largement utilisé, en prévention, en traitement et associé à un traitement principal. C’est le cas de nombre d’antiplaquettaires actuels.
C’est une pro-drogue : Si Plavix® a montré sa capacité à réduire le risque d’infarctus, d’angor instable, d’AVC et de décès cardiovasculaire, il n’est actif qu’après avoir été métabolisé par l’enzyme hépatique CYP2C19 (CY : cytochrome), mécanisme de base de médicaments récents, tel l’antiplaquettaire Prasugrel.
Certains patients ont une fonction CYP2C19 réduite (faible activation enzymatique), qui ne permet pas d’obtenir l’effet pharmacologique plaquettaire attendu, et restent soumis à un risque cardio-circulatoire, qui ne résulte pas d’une résistance mais d’une mutation génétique affectant l’efficacité du CYP2C19.
La FDA, qui a donné son accord à la modification des conseils de prescription en fonction des données de pharmacogénomique, recommande aux professionnels de santé d’envisager de doser le taux circulant de clopidogrel (dans tout laboratoire de biologie médicale) en cas de résultats cliniques anormaux malgré l’observance, et de prescrire un autre antiplaquettaire… en espérant qu’il ne sera pas confronté lui aussi à une mutation affectant son métabolisme. On peut rechercher la mutation du gène codant le CYP2C19.
Cette révision des caractéristiques du produit (RCP) traduit la volonté des deux laboratoires d’avancer dans la recherche en génomique concernant ce produit leader de sa classe thérapeutique, ceci en collaboration avec la FDA, à la lumière des éléments de la recherche en génétique qui permet aujourd’hui de mieux caractériser les patients porteurs de mutations génétiques affectant le métabolisme des médicaments en général.
La mise en garde concerne également l’administration concomittante de médicaments susceptible d’inhiber l’activité du CYP2C19. C’est le cas pour l’anti-ulcéreux oméprazole (inhibiteur de la pompe à protons), qui doit être donné plus de 12 h après Plavix®.
Une étude publiée l’an dernier (1) par le Thrombolysis in Myocardial Infarction Study Group (Boston) a évoqué le sort différent du clopidogrel et du prasugrel à la lumière des connaissances sur la génétique du métabolisme des médicaments.
Source : Communication Sanofi-Aventis/BMS, via BusinessWire, mise en ligne Louis-Marie Sibuée, Santé log (traduction, adaptation, commentaires), le 16 mars 2010.
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Pour en savoir plus : www.PLAVIX.com
Mega JL et coll. Cytochrome P450 genetic polymorphisms and the response to prasugrel: relationship topharmacokinetic, pharmacodynamic, and clinical outcomes. Circulation2009 May 19;119(19):2553-60. Epub 2009 May 4. jmega@partners.org.
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Cette actualité a été publiée le 17/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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