POURQUOI une forme intraveineuse de VIAGRA® ?
Actualité publiée le 09-12-2009
Thérapeutique
La réponse à cette question est simple : sous cette forme intraveineuse, ce n’est plus « Viagra® », le premier traitement historique de la dysfonction érectile (impuissance), c’est Revatio®… même si le principe actif reste le même : le sildénafil, un vasodilatateur bien particulier. Sous la forme injectable et sous le nom de Revatio®, c’est un traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire (HAP), pathologie grave, destructrice de la fonction respiratoire, et dont la pharmacopée a fait en peu d’années un bond qualitatif.
L’hypertension artérielle pulmonaire (HAP), est une maladie rare, évolutive, qui toucherait quelque 100 000 personnes dans le monde. Elle ne se guérit pas, elle dispose de traitements palliatifs, prescrits dans le but de faire chuter l’hypertension chronique qui affecte les artères intra-pulmonaires, responsable de la dégradation de la fonction pulmonaire, d’insuffisance cardiaque (conséquence de la résistance vasculaire), et de décès chez des sujets encore jeunes. On ne sait pas vraiment quelle est sa cause première…
Le seul « PDE-5 » pour le traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire (HAP) : Ce furent d’abord les anti-endothélines : chef de file le bosentan d’Actélion, puis les molécules du genre du sildénafil : les inhibiteurs de la phospho-di-estérase 5, plus simplement : les PDE-5 (1). Dans les cas d’urgence, lorsque le patient (HAP) est inconscient - impossible de lui administrer des comprimés qui de toute façon agiraient avec retard – la forme intraveineuse de sildénafil est un recours indispensable. Cette forme vient d’être agréée par la FDA, annonce le laboratoire Pfizer. C’est pour l’instant le seul PDE-5 agréé sous cette forme pour le traitement de l’HAP.
Les traitements proposés actuellement sont des palliatifs, qui peuvent effectivement retarder l’aggravation de la maladie. Dans les formes les plus avancées, la présentation en IV est une option de choix pour éviter par exemple une décompensation et maintenir un équilibre fragile :
La forme IV de Revatio® a comme indication le traitement du patient adulte dans le butd’améliorer la capacité d’effort basale et de retarder l’évolution de la maladie, ce retard ayant été constaté lorsqu’on associe le sildénafil à un traitement courant de l’HAP, l’époprosténol. En revanche, l’efficacité de l’association sildénafil-bosentan n’a pas été réellement évaluée. La forme IV de Revatio® peut être une forme pharmacologique constituant une alternative aux comprimés lorsque les patients « sont temporairement incapables de prendre une médication orale »… Cela veut tout dire.
A l’origine de Revatio®, il y a eu la démonstration de la possibilité d’améliorer l’état des patients souffrant d’HAP en utilisant des posologies de sildénafil inférieures à celles qui sont prescrites dans le traitement pas Viagra®. Les comprimés pour le traitement de l’HAP ont été approuvés en 2005 par la FDA puis par l’EMEA. D’un point de vue physiopathologique, ils sont prescrits pour une HAP de classe fonctionnelle 2 ou 3, à raison de 3 prises quotidiennes (3x20 mg), la forme IV est administrée trois fois par jour (3x12,5 mL).
Revatio® est incompatible avec un dérivé nitré (anti-angoreux). Par ailleurs, le laboratoire a mis en garde : des érections peuvent survenir comme avec tous les PDE-5, durant jusqu’à 4 h. Il est conseillé d’appeler le médecin, surtout si le phénomène se prolonge : au-delà de 6 h, la capacité érectile risque d’être détruite.
Source : Pfizer. www.pfizer.com pour les conseils de prescription, mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 9 décembre 2009
Lire aussi : HYPERTENSION ARTERIELLE PULMONAIRE : Espoir d’un nouveau traitement -
(1) Autres : Cialis® (Lilly), Levitra®, (BayerSchering)
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Cette actualité a été publiée le 09/12/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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