Prévention du SUICIDE : L’Europe lance une grande étude sur 11.000 adolescents
Actualité publiée le 14-09-2010
Saving and Empowering Young Lives in Europe
Le CHU de Nancy et l'INSERM participent à cette première étude européenne lancée autour de l'efficacité des campagnes de prévention du suicide adolescent. 1.000 élèves de 20 établissements publics lorrains d'enseignement général viennent d’être recrutés dans l’étude « SEYLE », Saving and Empowering Young Lives in Europe » (Sauver et améliorer la vie des jeunes européens), 11.000 adolescents en tout, en Europe, participeront à cette étude dont les résultats seront connus dans 3 ans.
Chaque année, selon l’OMS, près d'un million de personnes meurent de suicide, soit un taux global de 16 pour 100.000, soit un décès toutes les 40 secondes. Dans les 45 dernières années, les taux de suicide ont augmenté de 60% dans le monde. Le suicide est parmi les trois principales causes de décès chez les 15-44 ans dans certains pays, et la deuxième cause de décès chez les jeunes. Les troubles mentaux (en particulier la dépression et les troubles de la consommation d'alcool) sont un facteur de risque majeur de suicide, particulièrement en Europe. Le suicide des adolescents européens est en constante augmentation depuis plusieurs années suivant la tendance ascendante des suicides dans l'ensemble du monde.
SEYLE est un projet pilote puisque portant sur des adolescents et une période où leur identité se construit. Les 1.000 adolescents lorrains âgés de 14 à 16 ans et bénéficiaires d'un régime de sécurité social voient leur participation soumise à une autorisation de leurs parents ou des titulaires de l'autorité parentale, un consentement pouvant être suspendu au cours de l'étude. Car c'est la tranche d'âge où les comportements à risque augmentent comme le prouvent les études épidémiologiques.
Objectif, construire une base de données sur le mode de vie et son évolution, les comportements à risque et les relations au système de santé des adolescents volontaires et tester 4 méthodes différentes de prévention du suicide dans les établissements scolaires participant à l’étude :
· un programme de formation des personnels adultes des lycées (professeurs, conseillers pédagogiques, infirmiers...) baptisé « Questionner, Persuader et Référer » pour identifier et adresser un jeune en souffrance vers un service de santé mentale grâce au questionnement, à la persuasion et à l’orientation,
· un programme général de promotion de la santé pour attirer l'attention des jeunes sur les comportements favorables et défavorables à la santé afin de minimiser leurs comportements à risque et baptisé « Prise de conscience »,
· un programme où les professionnels de santé identifient les élèves présentant des comportements à risque à partir du questionnaire initial, pour un diagnostic précoce des problèmes de santé mentale (anxiété, dépression, consommation de drogues ou d'alcool, risque suicidaire, etc.) puis une aide rapide,
· un programme d'information consistant à distribuer aux élèves des cartes de visite avec les coordonnées des centres partenaires locaux et à afficher dans l'établissement des posters d'information sur la santé mentale.
L'ensemble du programme de recherche SEYLE dont les conclusions ne seront connues que dans 3 ans met à contribution des équipes de psychologues, de psychiatres et de pédopsychiatres dans 11 pays européens, auprès de 11.000 adolescents.
La santé mentale, selon les autorités internationales, se situe en amont et en aval des pathologies proprement dites. Elle regroupe les questions de prévention du suicide et de « postvention », terme qui englobe les actions de suivi de l'entourage d'une personne s'étant suicidée.
Sources : CHU Réseau, SEYLE, OMS, adaptation, mise en ligne Claire Tancrède, Santé log, le 14 septembre 2010
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Cette actualité a été publiée le 14/09/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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