PREVENTION DU CANCER COLORECTAL : Pentasa® réduit aussi le risque de 50%
Actualité publiée le 28-09-2009
RCP
Pentasa®, médicament au départ destiné au traitement des maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) telles que la maladie de Crohn, vient de se voir agréé pour la prévention du cancer colorectal. Pour la première fois sans doute dans l’histoire de la réglementation des produits pharmaceutiques, un texte technique (RCP), comporte un libellé faisant allusion à la capacité préventive d’un médicament au départ destiné à un autre traitement, à agir contre une forme de cancer.
Ce texte technique, RCP ou résumé des caractéristiques du produit, (tel qu’il paraît au dictionnaire Vidal), dont le contenu est vérifié par le ministère de la Santé, comporte un libellé faisant allusion à la capacité préventive du Pentasa® (mésalazine ou acide 5-aminosalicylique ou 5-ASA, laboratoire Ferring) contre une forme de cancer. Il s’agit en l’occurrence du cancer colorectal (CCR) et d’un médicament au départ destiné au traitement des maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) telles maladie de Crohn et rectocolite hémorragique (RCH). Une partie de ce texte dit :
« Une méta-analyse de 9 études d’observation (3 études de cohorte et 6 études cas-témoins) ayant inclus 334 cas de cancer colorectal et 140 vas de dysplasie pour un total de 1 932 patients atteints de RCH, a montré que le risque de cancer colorectal était d’environ 50 % plus faible chez les patients prenant régulièrement du 5-ASA que chez ceux prenant du 5-ASA de manière irrégulière ou n’en prenant pas. La réduction du risque de cancer colorectal par l’acide 5-aminosalicylique, si elle est confirmée, mettrait en jeun à la fois des mécanismes liées aux propriétés inflammatoires et aux propriétés antitumorales intrinsèques de la molécule ».
Les patients MICI ne représentent en fait que 2 % de tous les cas de CCR (et 4 % des patients MICI développeront un tel cancer). Mais ce sont des patients porteurs d’un facteur de risque ayant un impact direct sur la muqueuse intestinale. Ce facteur de risque est majoritairement l’inflammation chronique (permanente) qui caractérise ces maladies (colite). Alors que le CCR peut apparaître de façon sporadique, au hasard chez la plupart des individus (encore qu’on ait identifié des prédispositions génétiques… qui ne s’exprimeront pas forcément), dans les MICI on reconnaît qu’il existe un risque plus élevé d’apparition de ce cancer.
La seule différence est le mode d’évolution du CCR, qui peut être plus disséminé , plus diffus, plus « étalé » sur la muqueuse colique, plus difficile aussi à identifier à l’imagerie, avec des signes (saignements, douleurs) que l’on peut aussi attribuer à la MICI elle-même. Ces lésions planes, appelées dysplasies (citées par le texte du RCP) seraient même moins souvent symptomatiques.
Connaissant le risque de CCR lié à l’inflammation chronique des MICI, les spécialistes du domaine ont proposé des recommandations de prévention des rechutes par le traitement le mieux ciblé pour réduire le risque d’évolution vers un CCR. La stratégie est simple : surveillance en imagerie (coloscopie tous les deux ans au minimum) et prise régulière de 5-ASA… s’il n’y a pas de contre-indication.
Dans les faits, le texte du RCP se vérifie : les patients qui respectent le traitement médical abaissent significativement leur risque de CCR tout en réduisant l’incidence des rechutes de leur MICI, sachant que le traitement médical actuel suspend l’évolution de l’inflammation, mais ne guérit pas la maladie intestinale. C’est donc un traitement à vie, qu’on appelle également chronique – et l’on sait que tout traitement chronique qui stabilise une maladie chronique est à risque de mauvaise observance.
Or les spécialistes de médecine digestive ont tous des exemples de cette mauvaise observance, pour les médicaments comme pour le respect des rendez-vous périodiques avec le service d’imagerie. C’est au médecin traitant et au médecin spécialiste de d’appeler les patients à la dite observance en mettant en avant les notions de qualité de vie et de prévention de graves complications. Une intéressante étude française appelée TOTEM (Traitement Observé, Traitement Efficace pour le Malade) a recherché les facteurs d’observance dans les MICI (1).
Dans la RCH, le risque est plus élevé en cas d’évolution ancienne de la maladie (plus de 8 ans), de lésions coliques étendues, d’antécédent familial au premier degré.
Rappelons enfin que le dépistage du cancer colorectal est le meilleur moyen de lutter contre ce cancer. Il permet souvent de dépister des polypes avant même qu'ils ne deviennent cancéreux.
Auteur : Yann-Mikael Dadot, Santé log, le 28 septembre 2009 (Visuel Hémoccult, vignette Acad)
Source : présentation proposée par le laboratoire Ferring
(1) http://www.jfhod2009.com/data/moduleMiseEnligne/HTML/session/557.asp (audio)
Lire aussi :
CANCER COLORECTAL: L’ASPIRINE réduit de 29% le risque de décès par rechute –
CANCER DU COLON : ROCHE démontre l'efficacité de XELODA® -
MALADIE DE CROHN : L'espoir dans les cellules souches –
MALADIE DE CROHN : Une bactérie clé -
|