Procès de Lille : ce qu’en pensent les gynéco-obstétriciens
Sous le titre « L’obscurantisme est de retour », le Collège national des gynécologues obstétriciens français (1) réagit fortement au jugement d’un tribunal de Lille annulant un mariage à la demande de l’époux parce que, disait-il, sa femme n’était pas vierge.
Pour les spécialistes de la médecine de la femme, un tel jugement remet en cause l’égalité hommes-femmes, occulte le fait que l’homme, dans le mariage, n’a pas à faire la preuve de sa virginité, contrairement à la femme (du moins ici). Ils jugent dérisoire, et assimilable à une "discrimination de genre » d’attacher une « valeur juridique à ce reliquat embryonnaire d’anatomie variable » (2).
On en reviendrait à l’époque où l’on réclamait des femmes à marier « des certificats de virginité », varitable atteinte à leur dignité. Les gynécologues s’y refusent, de même qu’a reconstituer un hymen, geste qui « facilite le mensonge et perpétue une tradition d’un autre âge ».
« Non, la reconstruction de l’hymen n’est pas une chirurgie esthétique comme une autre », écrivent-ils. La demande se fait sous la pression morale de familles, et dans certains mariages « contraints ».
« Aujourd’hui, l’obscurantisme le plus sombre est de retour », conclut amèrement ce communiqué.
(1) CNGOF : Jacques Lansac, président ; Emile Daraï, Dominique Luton.
(2) L’hymen n’est pas forcément présent à la naissance chez toutes les filles.
Auteur : Maurice Chevrier, infirmier
Publié le 2 juin 2008 |