PSORIASIS et risque CARDIOVASCULAIRE : LE CONSENSUS des Dermatos et Cardiologues
Actualité publiée le 06-08-2009
Dépistage
De nouvelles recommandations sur l’évaluation systématique du risque cardiovasculaire chez les patients atteints de psoriasis ont été récemment publiées dans l’American Journal of Cardiology (1), mais elles ne semblent pas avoir eu un grand écho de ce côté-ci de l’Atlantique… Pourtant, ces recommandations, détaillées dans un article spécial de la revue cardiologique, émanent d’experts qui ont fait le tour de la question. Le syndrome inflammatoire dans lequel se développe le psoriasis serait responsable de cette fréquente association.
Dermatose inflammatoire chronique, le psoriasis en plaque est une maladie relativement fréquente puisqu’elle touche 2 à 4 % de la population, les hommes comme les femmes. Le psoriasis en plaque résulte d’une réaction cutanée excessive à des agressions plurifactorielles associant une inflammation et une hyperkératose. Dans cette maladie, l’épiderme se renouvelle complètement en une semaine, tandis que l’épiderme chez un sujet sain nécessite trois semaines. Les facteurs évoqués sont une prédisposition génétique, des mécanismes immunologiques et des facteurs environnementaux tels que le stress, l’asthénie, la prise de médicaments ou un traumatisme physique.
Le psoriasis en plaques, parfois appelé psoriasis vulgaire, est une maladie dermatologique au retentissement psychologique fort. La délivrance des médicaments et des conseils de bon usage associés est l’occasion également d’une évaluation générale et d’une écoute des patients.
Un nouveau cadre de prise en charge des patients ayant une forme de modérée à sévère de psoriasis, prise en charge qui doit comporter l’évaluation de leur risque potentiel de maladie coronarienne, c’est ce qu’un panel d’experts cardiologues, dermatologues et scientifiques estiment qu’il faut maintenant définir.
Ces recommandations ont pour base les nouvelles données de la science, expliquent les experts, qui souhaiteraient que dans la prise en charge moderne les médecins traitants et autres professionnels de santé informent les patients de la possible association entre psoriasis et risque cardiovasculaire, ce qui suppose parallèlement que les facteurs de risque modifiables soient également pris en charge et, le cas échéant, supprimés.
Quel est le rapport entre psoriasis et risque cardiovasculaire ? Ce n’est pas encore très clair, reconnaissent les experts du panel, mais on peut y impliquer le syndrome inflammatoire dans lequel se développe le psoriasis - l’inflammation figure au rang des facteurs de risque depuis seulement un peu plus de 10 ans (P. Ridker et coll.) – mais la fréquence de problèmes cardiovasculaires chez les patients psoriasiques est un argument assez fort pour justifier l’évaluation du risque coronarien chez eux.
Les recommandations du consensus aux médecins traitants concernent essentiellement
- l’information des patients sur leur risque cardiovasculaire,
- l’évaluation de ce risque, quelle que soit la forme du psoriasis, surtout dans les formes apparemment bénignes
- la prescription, si nécessaire de traitements « evidence-based » en prenant soin d’éviter des interactions ou des effets secondaires du fait de la prise des deux traitements « dermato » et « cardio ».
Au total, pour les experts « du psoriasis ou du cardiovasculaire », cette prise de position professionnelle a pour base des données récentes qui renforcent l’existence d’un lien entre le syndrome inflammatoire de la peau et la maladie coronarienne. Il est rare d’assister à un consensus entre deux spécialités médicales aussi (apparemment) éloignées l’une de l’autre : cardiologie et dermatologie…
Auteur : Louis-Marie Sibuée, Santé log, mis en ligne le 6 août 2009
(1) Source : Am J Cardiol 2008 (102) 1631-1643
Lire aussi : DERRIERE LE PSORIASIS : Chercher le risque cardiovasculaire
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Cette actualité a été publiée le 06/08/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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