QUAND LE DIABETE EST ASSOCIE A LA DEMENCE SENILE
Actualité publiée le 14-02-2009
Etude ACCORD-MIND
Plus la glycémie s’élève, plus les fonctions cognitives déclinent
chez les diabétiques de type 2 affligés en outre de facteurs de risque cardiovasculaire, diagnostic sans fioritures publié par une équipe américaine ayant analysé les données émanant d’une grande enquête intitulée
(en abrégé) : ACCORD-MIND, pour : Action to Control Cardiovascular Risk in Diabetes-Memory in Diabetes, sachant que MIND (esprit) est une sous-étude d’ACCORD.
Ce n’est certes pas la première fois qu’une étude recherche l’impact du diabète et des facteurs de risque cardiovasculaire sur la détérioration des fonctions cognitives chez les sujets d’un certain âge (démence sénile). Et une fois de plus cette étude amène à se poser la question :
Est-ce que la normalisation de la glycémie peut améliorer les fonctions cognitives ?
Encore faut-il comprendre le lien entre hyperglycémie et atteintes cognitives –déjà clarifié en ce qui concerne l’hypertension artérielle… Donc on ne peut que constater avec les auteurs « Diabetes is associated with cognitive decline and dementia » : le diabète est associé au déclin cognitif et à la démence (sénile).
L’étude analysée par l’équipe (1) a inclus 2 977 sujets diabétiques de type 2 dont la glycémie avait été évaluée par glycémie à jeun et dosage de l’HbA1c. Ils ont subi quatre tests évaluant les performances cognitives : Digit Symbol Substitution Test (DSST), Mini Mental Status Examination (MMSE), Rey Auditory Verbal Learning Test and the Stroop Test.
Chaque fois que la surveillance biologique montrait une dégradation de l’équilibre du diabète, les scores aux quatre tests se dégradaient de même. Exemple : une augmentation de 1 % de l’HbA1c entraînait une chute de 1,75 point au DSST, de 0,20 point au MMSE, de 0,11 point au test de mémoire, etc. Toutes ces chutes de score sont significatives, précisent les expérimentateurs.
Conclusion (provisoire) : « L’analyse croisée des résultats démontre que l’hyperglycémie chronique semble associée de façon indépendante avec les fonctions cognitives chez les sujets diabétiques. Ceci soulève l’hypothèse selon laquelle les stratégies de réduction de l’HbA1c ou de prévention de son élévation peuvent affecter favorablement les fonctions cognitives ». Autrement dit : il faut se focaliser sur cet indicateur qu’est l’HbA1C (et non sur la glycémie à jeun).
Les effets d’une baisse de la glycémie sur les fonctions cognitives devraient être déterminés par l’étude ACCORD-MIND, qui court toujours… Son intérêt est de venir après plusieurs études d’observation ayant montré que chez les sujets diabétiques le risque de déclin cognitif et de démence (type Alzheimer, mais pas uniquement) était multiplié par 1,5 par rapport aux non diabétiques.
C’est au début un mild cognitive impairment, selon le terme anglais, soit une atteinte cognitive légère… à risque de passer inaperçue. Et cela doit maintenant préoccuper les patients, leur entourage et les professionnels qui les suivent. Mais la question inverse s’est posée : est-ce que ce léger déclin ne réduit pas la capacité de ces patients à maîtriser leur diabète, au risque de s’aggraver, comme le montrent les scores aux tests cognitifs de l’étude ACCORD-MIND ?
Auteur : Jean-Marie Manus, Conseiller pour la santé publique, Santé log, mis en ligne le 12 février 2009
(1) Diabetes Care (American Diabetes Association, www.diabetes.org ), février 2009: Relationship Between Baseline Glycemic Control and Cognitive Function in Individuals With Type 2 Diabetes and Other Cardiovascular Risk Factors. Vignette ADA, visuel Alzheimer site Alois.fr http://www.diabetes.org/for-media/pr-MIND-ACCORD.jsp
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