RADIOFREQUENCES : La science "prise de court" par le développement du mobile
Actualité publiée le 23-04-2009
Table ronde du 23 avril 2009
Les ondes électromagnétiques émises par les téléphones portables et par les antennes relais mobilisent ces derniers mois l’attention des européens, des associations, du Parlement européen et de la communauté médicale et scientifique, qui pour le moment dispose de peu de données scientifiques lui permettant de prendre position. L’objet de la table ronde du 23 avril 2009 et des séances de travail organisées par Roselyne Bachelot-Narquin est donc d’identifier d’éventuelles mesures complémentaires en matière de recherche et d’expertise scientifique. En l’espèce, la science a été en cas « prise de court » par la très forte croissance du marché de la téléphonie mobile.
En effet, fin 2008, la France comptait 56,7 millions d’utilisateurs actifs et 49 000 Antennes-relais sur le territoire. Aucune preuve scientifique ne permet de démontrer aujourd’hui que l’utilisation des téléphones mobiles présente un risque avéré pour la santé, mais certains experts scientifiques recommandent l’application du principe de précaution.
C’est le professeur Jean-François Girard, actuel président de l’institut de recherche pour le développement, ancien directeur général de la santé et président du comité opérationnel 19 du Grenelle de l’environnement « Veille sanitaire et risques émergents » qui préside les séances de travail.
En 2005, un rapport de l’AFSSET dressait 2005 un bilan des effets biologiques et sanitaires potentiels des antennes relais et des téléphones mobiles, à partir d’une analyse des différents travaux scientifiques et épidémiologiques déjà menés. Il concluait qu’en l’état des connaissances, les rayonnements émis « ne sont pas génotoxiques, mais que le recul scientifique restait encore insuffisant, qu’un doute persistait sur les possibles effets sanitaires consécutifs à une exposition directe du crâne aux champs électromagnétiques émis par les téléphones mobiles, que concernant les antennes relais, aucune donnée nouvelle ne révèle d’effet sanitaire direct du aux champs électromagnétiques émis. »
En décembre 2008, dix ONG lançaient une grande campagne de sensibilisation aux risques sanitaires générés par une utilisation prolongée du portable, notamment par les enfants.
Début 2009, 2 décisions de justice de démontage d’antennes relançaient le débat et provoquaient l’intervention de l’Académie nationale de médecine qui confirmait l’insuffisance des données pour tirer conclusion.
Le 3 avril dernier, la Commission européenne adoptait un rapport sur les antennes et autres dispositifs émettant des champs électromagnétiques comportant de nombreuses mesures – dont certaines déjà appliquées dans certains pays européens- .
Il y a quelques jours, en France, c’était au tour des sénateurs verts de déposer une proposition de loi relative aux risques sanitaires des ondes électromagnétiques.
Le dossier publié ce jour par le Ministère fait un bilan des principales études menées. Il faut préciser là que bon nombre d’associations en discutent parfois l’impartialité, évoquant des « lobbyings possibles ».
Le SCENIHR (Comité scientifique des risques sanitaires émergents et nouveaux instance
d’expertise de la Commission européenne) confirme, dans ses revues bibliographiques de 2007 et de 2009, qu’aucune étude n’a mis en évidence d’effets indésirables, pour des expositions situées en dessous des niveaux autorisés par la recommandation européenne.
Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), les niveaux d’exposition aux radiofréquences des antennes-relais de téléphonie mobile sont si bas que l’augmentation de la température est insignifiante et n’a aucun effet sur la santé humaine.
L’étude Interphone, initiée en 1999, vaste étude épidémiologique internationale coordonnée par le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) doit publier une synthèse globale de ses résultats courant 2009. Ses résultats partiels actuellement disponibles ne permettent pas de conclure sur le lien entre utilisation du téléphone mobile et risque de cancer.
Le rapport Bioinitiative rédigé par 14 devra évaluer les données scientifiques actuellement disponibles sur les effets sanitaires des rayonnements électromagnétiques.
Précisons néanmoins que certaines associations remettent en cause l’impartialité de certaines études en raison de lobbyings liés aux enjeux économiques.
La table ronde a donc vocation à aborder principalement le thème de la téléphonie mobile téléphones et antennes, mais également Wi-Fi et Wi-Max et de faire le point sur les connaissances scientifiques et les règlementations en vigueur concernant l’ensemble des technologies qui utilisent les radiofréquences. Il était grand temps de rejoindre la réflexion des européens et des associations d’usagers.
Accéder au dossier de presse sur le site du Ministère : http://www.sante-sports.gouv.fr/IMG//pdf/Dp_radio_frequence_230409-DEF.pdf (Visuel et vignette)
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Cette actualité a été publiée le 23/04/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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