RADIOFREQUENCES : Le Ministère fait suite au rapport de l'AFSSET
Actualité publiée le 19-10-2009
Recherche et prévention
Le comité de suivi de la table ronde « radiofréquences, santé, environnement » est lancé au 19 octobre par la ministre de la santé. L’Afsset a présenté sa « méta-analyse » portant sur plus de 3.500 références issues de diverses écoles de pensées scientifiques, d’expertises en sciences humaines et en présence d’un observateur issu du monde associatif que publie aujourd’hui l’Agence française de sécurité sanitaire et de l’environnement au travail (AFSSET) sur les radiofréquences et leur possible impact sanitaire. Développer encore la recherche, en particulier sur les risques liés à la reproduction et aux effets sur les jeunes enfants et cartographier l’exposition aux fréquences, 2 recommandations pratiques et importantes, en dépit des incertitudes persistantes des données. Mais un exercice de style qui a le mérite de réclamer l’ouverture de l’expertise scientifique à l’évolution de la société et à la perception de son opinion publique.
L’Afsset avait été saisie le 14 août 2007 par les ministères en charge de la santé et de l’environnement afin de publier un rapport à jour des connaissances scientifiques et un avis sur les effets biologiques et sanitaires de la téléphonie mobile étendu à l’ensemble du domaine des radiofréquences.
Une première, la présence aux réunions d’un représentant d’association : Alors que le Criirem et Robin des toits ont répondu défavorablement à cette proposition, Daniel Oberhausen, membre de l’association Priartém, a été proposé par Priartém et Agir pour l’environnement et a donc assisté, en tant qu’observateur à toutes les réunions ainsi qu’aux différentes auditions, dès le mois de décembre 2008.
Multidisciplinarité et nouvelle méthodo : Cette analyse repose sur un travail d’expertise collective prenant en compte l’ensemble des radiofréquences et non pas seulement la téléphonie mobile, l’hypersensibilité électromagnétique, le champ d’expertise des sciences humaines et sociales, et la représentativité associative au sein du groupe de travail.
Si le développement des technologies radiofréquences utilisant des champs électromagnétiques dont la gamme de fréquences est comprise entre 9 kHz et 300 GHz – s’est fortement amplifié ces 20 dernières années, si les sources de champs électromagnétiques radiofréquences se sont multipliées, les effets biologiques et cliniques, l’épidémiologie, sont encore mal connus et la Communauté scientifique reste partagée sur leur nocivité. Ainsi, l’Académie nationale de médecine récusait, il a encore peu, tout impact sanitaire.
Le rapport de l’Afsset met en évidence l’existence d’effets des radiofréquences sur des fonctions cellulaires, rapportés par une dizaine d’études expérimentales considérées par l’Afsset comme incontestables sans qu’aucun mécanisme d’action entre les radiofréquences et les cellules pour des niveaux d’exposition non thermique n’ait été identifié:
Le Groupe de travail a scindé les types de fréquences en 2 groupes :
Concernant la bande 9 kHz – 400 MHz : Les études biologiques et épidémiologiques
publiées ne suggèrent pas de risque pour la santé humaine à des niveaux d’exposition non thermiques. Les résultats biologiques sont toujours limités et contradictoires.
Quelques résultats suggèrent néanmoins une légère augmentation de malformations morphologiques mineures chez l’animal « difficilement extrapolables à l’homme ».
Concernant les radiofréquences supérieures à 400 MHz, les grandes fonctions cellulaires telles que l’expression génique, la production de radicaux libres oxygénés (ROS) l’apoptose notamment des cellules d’origine cérébrale, ne semblent pas subir de modifications, en particulier en cas d’utilisation d’un téléphone mobile. Les seuls effets de stress observés sont des effets thermiques associés à des niveaux d’exposition élevés. D’après les résultats d’un nombre limité d’études, les radiofréquences supérieures à 400 MHz ne paraissent pas perturber le système cardio-vasculaire, en particulier la régulation de la pression artérielle et du rythme cardiaque, n’auraient pas d’effet délétère sur le système oculaire et ne modifieraient pas le taux de mélatonine chez l’homme.
L’Afsset recommande donc de
-Développer la recherche et en priorité les études épidémiologiques, ainsi que les études sur la reproduction, le développement de l’enfant et de répliquer d’études qui montrent des effets biologiques.
-Réduire les expositions du public en recommandant les téléphones portables les moins exposants -et l’affichage clair du débit d’absorption spécifique (DAS)- et la cartographie d’exposition aux radiofréquences afin d’en tenir compte, avec les opérateurs, pour les installations futures.
Au-delà des résultats et des recommandations à la fois « ouvertes » et mesurées de l’AFSSET, la question actuelle sur les radiofréquences pose ainsi plus généralement la question de la bonne gouvernance de ce type de questions et par là même, comme cela aurait pu être le cas pour le « H1N1 », « l’ouverture de l’expertise scientifique à la société ».
Source : AFSSET, mise en ligne Alexis Yapnine, santé log, le 19 octobre 2009
Lire aussi :
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Pour en savoir plus : Association PRIARTéM (Visuel : « Gymnase, collège et antenne relais »): http://www.priartem.fr/
Présidé par le professeur Jean-François Girard, ce comité est maintenant chargé d’une double mission : le suivi de la mise en œuvre des conclusions de la table-ronde et l’élaboration de propositions en fonction de l’état des connaissances et de l’évolution des technologies. |