RAYONS X : Exposition du fœtus, les chercheurs n’excluent pas le risque de cancer chez l'enfant
Actualité publiée le 09-09-2010
PLoS Medicine
L'exposition du fœtus à des radiations et le risque de cancer chez l'enfant, c’est l’objet de cette nouvelle étude menée par une équipe de l’Hôpital de Toronto et publiée dans l’édition de PLoS Medicine du 7 septembre. L'exposition du fœtus aux rayons du scanner ou des examens d’imagerie réalisés pendant la grossesse pourrait en effet augmenter le risque ultérieur de cancer chez les enfants : Car les chercheurs concluent que, malgré la taille très importante de leur étude, ils restent incapables d'exclure la possibilité d'un risque très faible. De même, l'utilisation d'un tablier en plomb, lorsque cela est possible, pour protéger la région pelvienne de la femme enceinte est également recommandé.
Les expositions médicales représentent 98% de toutes les sources artificielles et son en augmentation de 40% par rapport à la décennie précédente. C’est ce qu’avait révélé l’Unscear, le Comité scientifique des Nations Unies sur les effets des rayonnements ionisants, au 16 août dernier, dans le volume 1 de son Rapport sur les effets des rayonnements ionisants sur l’Homme. Et le scanner (tomodensitométrie) s’avère être le principal examen contributeur à cette augmentation, tout comme d’autres examens de diagnostic par rayons X et la médecine nucléaire.
Cette étude porte sur l'utilisation de techniques d'imagerie telles que la tomodensitométrie généralement utilisées pour diagnostiquer ou exclure un événement médical, tel que l'embolie pulmonaire ou l’AVC, en situation d'urgence et non pas sur les échographies de routine effectuées pendant la grossesse.
Les auteurs ont utilisé une base de données portant sur province de l'Ontario (Canada), où les soins de santé sont accessibles à tous les résidents afin de pouvoir lier l'exposition aux rayonnements de la mère à une éventuelle tumeur maligne ultérieure chez l'enfant. Grâce à cette technique, les auteurs ont suivi jusqu'à 1.835.517 « paires » mère-enfant. Sur l'ensemble des données, 5.590 femmes ont été exposés à des tests de radiodiagnostic pendant la grossesse et parmi les enfants nés de ces femmes exposées, 4 cancers de l'enfant ont ensuite été identifiés. 1.829.927 femmes étaient incluses dans le groupe non exposé et 2.539 cancers ont été identifiés chez les enfants nés de ces femmes. Les taux de cancer chez les enfants de mères exposées par rapport au groupe non exposé, correspond à un ratio de risque brut de 0,69.
Ces résultats, de prime abord, peuvent sembler contraires aux conclusions des auteurs…Cependant, il fallait tenir compte, dans cette étude, du risque relatif de cancer suite aux tests de radiodiagnostic. Les chercheurs ont estimé un taux de « risque relatif ajusté » à 0,68, avec des limites de confiance entre 0,25 et 1,80. Ces intervalles de confiance suggèrent que, bien que les chercheurs n'aient pas trouvé de preuve claire d'une augmentation du risque lié à l’imagerie médicale, ils ne pouvaient pas exclure la possibilité d'une légère augmentation, jusqu'à 1,8 fois supérieure à celle d'une grossesse non exposée.
Conclusions des chercheurs : Compte tenu de cette incertitude, les auteurs recommandent que le recours aux examens d’imagerie soit réservé aux situations d'urgence, et que l'imagerie n’émettant pas de radiations, comme l'IRM et l'échographie, soit envisagée en première intention lorsque bien entendu, cela est cliniquement approprié.
Source : PLoS Med 7 (9): e1000337. DOI: 10.1371/journal.pmed.1000337 « Major Radiodiagnostic Imaging in Pregnancy and the Risk of Childhood Malignancy: A Population-Based Cohort Study in Ontario », adaptation, traduction, mise en ligne Claire Tancrède, Santé log, le 9 septembre 2010
Lire aussi :
RAYONS X : Attention, l’exposition médicale progresse de 40% en 10 ans -
Examens d'imagerie médicale et RAYONNEMENTS : Augmentation de 57% en 5 ans –
Réagissez à cette actu sur Santé Blog
Cette actualité a été publiée le 09/09/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
|