REFORME DE SANTE AUX US : L'HISTORIQUE PLAIDOIRIE D’OBAMA
Actualité publiée le 10-09-2009
Politique et santé
C’est un Président des Etats-Unis pugnace, émouvant par moment, déterminé mais sans agressivité – malgré les campagnes assez « musclées » développées par les mouvements d’opposition à son projet – qui s’est adressé mercredi aux parlementaires démocrates et républicains au Congrès, pour défendre l’idée d’un système de santé national plus égalitaire.
Rappelant la situation difficile de l’économie et de l’emploi, il avertit : « Nous ne sommes pas sortis du bois », même si l’économie ne touche plus le fond… La santé publique est un élément-clé d’un futur à (re)construire. Un projet auquel le Président tient : « Je ne suis pas le premier président à empoigner cette cause mais je suis déterminé à être le dernier », rappelant que nombre de présidents (démocrates ou républicains) ont tenté au cours de l’Histoire de réformer le système de santé américain…
Echec collectif jusqu’à ce jour, mais on en est maintenant au point de rupture : il faut le faire changer. Car il n’y a pas que les défavorisés qui sont mal pris en charge, ce sont aussi nombre d’Américains de la classe moyenne, les uns sans assurance-santé de la part de leur employeur, d’autres en tant qu’artisans n’ayant pas les moyens de s’assurer car les assurances individuelles coûtent trois fois plus cher que celles offertes par les employeurs. Sans compter les Américains que les sociétés d’assurance estiment trop coûteux à assurer.
« Nous sommes la seule démocratie avancée sur la Terre – la seule nation riche – qui impose une telle épreuve à des millions de gens », diéclare Barack Obama. Plus de 30 millions d’Américains seraient sans couverture maladie et chaque jour 14 000 Américains perdraient la leur : « Cela peut arriver à n’importe qui ». Mais ceux qui sont assurés ne sont pas tranquilles pour autant : s’ils déménagent, perdent leur emploi ou en changent, ils perdent leur assurance. Certains tombent malades et s’aperçoivent que l’assurance les a radiés, ou ne les rembourse pas totalement, bien qu’ils aient payé leurs primes. Cela arrive tous les jours…
Et le Président cite des exemples…Un homme de l’Illinois perd sa couverture au milieu de son cycle de chimiothérapie parce que son assureur apprend qu’il a des calculs de la vessie. Le traitement est retardé et cet homme en meurt. Une femme du Texas devait subir une double mastectomie lorsque son assureur suspend sa couverture parce qu’elle avait oublié de déclarer son acné. Le temps de récupérer son assurance, son cancer du sein a plus que doublé de volume. « Personne ne devrait être traité de cette façon aux Etats-Unis d’Amérique »…
Les primes d’assurance ont augmenté trois fois plus que les salaires. Sur le plan économique cela désavantage nombre d’entreprises, notamment celles qui doivent obliger leurs salariés à payer eux-mêmes leur assurance. Le risque c’est de voir de plus en plus d’Américains dépendre des systèmes d’Etat Medicaid (personnes âgées) et Medicare (défavorisés), qui vont coûter de plus en plus cher aux contribuables, car le coût de la santé explosent (skyrocketing costs).
« Nous savons que nous devons réformer le système. La question est : comment ? Il y a ceux, à gauche, qui croient que le seul moyen de réparer le système est un système de payeur unique comme celui du Canada, dans lequel nous allons restreindre le marché de l’assurance privée et faire que le gouvernement accorde une couverture à chacun. A droite, il y a ceux qui soutiennent que nous devons mettre fin au système basé sur l’employeur et laisser les individus choisir leur propre assurance-santé ».
Pour Barack Obama, il y a du « pour » dans chacune de ces approches. Mais il estime plus sensé de « bâtir sur ce qui marche et de réparer ce qui ne marche pas plutôt que d’essayer de bâtir un système entièrement nouveau ». Il souligne surtout que le projet de réforme est soutenu par rassemblement de médecins et d’infirmières, d’hôpitaux, d’organisations de seniors, et même des laboratoires pharmaceutiques – nombre d’entre eux ayant été opposé à la réforme par le passé ! Chez les parlementaires, environ 80 % sont d’accord sur la nécessité de faire, « ce qui nous rapproche encore de l’objectif de la réforme plus que nous ne l’avons jamais été ».
Ce consensus national, dira-t-on, ce n’est pas ce qui paraît sur les images que nos médias montrent complaisamment de l’opposition à la réforme. Et cela n’a pas échappé au président américain : « Ce que nous avons vu aussi ces derniers mois, est ce spectacle partial qui renforce seulement le dédain de nombre d’Américains envers leur propre gouvernement… au lieu d’un débat honnête… Avec cette tempête d’accusations et de contre-accusations, c’est la confusion qui règne »…
Auteur : Jean-Marie Manus, Santé log, le 10 septembre 2009 (à suivre)
Source : Texte du discours transmis par la Maison-Blanche
Lire aussi :
BARACK OBAMA DEFEND SA REFORME DE SANTE sur le terrain –
BARACK OBAMA défend sa réforme de santé avec un site Internet –
REFORME SANTE AUX U.S. : Consensus dans une commission du Congrès –
SANTE AUX US : BARACK OBAMA FACE A LA FACTURE de sa réforme -
Réagissez à cette actu sur Santé Blog
Cette actualité a été publiée le 10/09/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
|