RISQUE CARDIOVASCULAIRE : Chacun peut calculer son risque
Actualité publiée le 16-12-2009
HTA
Peut-on connaître l’âge de ses artères, c'est-à-dire évaluer leur état physiologique à un âge civil donné ? Oui, on le pourrait par exemple en recourant à une technique d’imagerie en endoscopie peu employée : l’angioscopie. Question : est-ce utile ? Un ancien adage dit : on n’a que l’âge de ses artères, ce qui signifie en fait que si l'une de vos artères vous lâche et que vous en mourrez, c’est que votre heure était arrivée…
C’est pourquoi connaître l’âge de ses artères, c’est plutôt connaître les artères de son âge – c'est-à-dire en fait son risque cardiovasculaire global (RCVG), en combinant un score (nombre de points), qui combine l’âge, le sexe, des facteurs de risque majeur : tabagisme, diabète, HTA traitée ou non, et cholestérols HDL et LDL.
Tel est le calcul proposé par le Comité français de lutte contre l’hypertension artérielle (CFLHTA), à l’occasion de la présentation d’une nouvelle brochure éducative : « Hypertendus, connaissez vous l’âge de vos artères ? », un slogan qui constituera le mot d’ordre de la Journée nationale de lutte contre l’HTA, le 15 décembre. Ce calcul découle d’une étude récemment parue (1).
Il n’est pas possible de connaître l’état de ses artères sur la base d’un simple calcul, mais c’est en fait une approche du risque d’une complication vasculaire. Chez un sujet porteur de facteurs de risque, les facteurs qui se surajoutent au cours de la vie sans être corrigés ou supprimés, élèvent le risque en question de façon croissante, exponentielle, à mesure que les années passent.
Autrement dit, le vieillissement, pour des raisons physiologiques, est un facteur de risque… non corrigible. Il augmente le RCVG de façon progressive, un risque forcément alourdi par les facteurs de risque associés, ceux-ci agissant de façon synergique : il est certain que HTA+tabagisme+diabète expose à la manifestation plus précoce d’un risque d’accident circulatoire que l’HTA seule (à ne pas négliger quand même !). Ce qu’on peut traduire par 1+1+1 = 4 ou 5, le risque n’est alors pas linéaire mais exponentiel.
Si le terrain à risque n’est pas corrigé ou amoindri par des mesures adéquates, l’âge en tant que facteur de risque va influencer la survenue d’un événement fâcheux plus tôt que le prévoient… les statistiques épidémiologiques.
Voila pourquoi l’âge de ses artères c’est aussi avoir les artères de son âge – mais avec le calcul très simple proposé par le CFLHTA, on peut avoir 50 ans d’âge civil… et 80 ans d’âge artériel. Ce qui veut dire en théorie, si l’on tient compte de l’espérance de vie moyenne de l’Homme (81 ans)… qu’il ne reste plus longtemps à vivre ! Mais répétons-le, c’est de la théorie. En outre, le calcul s’applique aussi à la Femme (2).
En fait, nous expliquent les Prs Jean-Jacques Mourad, président, et Xavier Girerd, trésorier du CFLHTA, « connaître l’age de ses artères c’est agir pour en ralentir le vieillissement [impact biologique des facteurs de risque] e »t diminuer son risque cardiovasculaire » - le RCVG, toujours. Or d’après l’enquête FLASH 2009 de TNS Sofres pour le CFLHTA, 83 % des hypertendus français et 44 % des non hypertendus ont un âge vasculaire supérieur à leur âge civil ! Les premiers parce que, outre l’HTA, ils subissent le poids d’autres facteurs de risque, les seconds parce que, au-delà de leur non HTA, ils subissent le même poids.
Ce constat effectué, c’est au patient d’agir : observance du traitement et des conseils d’hygiène de vie et d’alimentation, usage de l’autotensiomètre sans obsession…Mais ce qui désole el CFLHTA, c’est qu’un tiers seulement des hypertendus possède un auto-tensiomètre.
Source : Débat du Comité français de lutte contre l’HTA et CFLHTA mise en ligne Maurice Chevrier, Santé Log, le 15 décembre 2009
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(1) Etude parue dans Circulation en 2008 (revue de l’American Heart Association), émanant de l’enquête cardiologique permanente de de Framingham
(2) Le calcul peut être fait en accédant au site www.comitehta.org.
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Cette actualité a été publiée le 16/12/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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