Roselyne Bachelot : j’ai besoin de l’Académie de médecine
Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé, a exposé aux membres de l’Académie nationale de médecine la politique de santé qu’elle entend conduire dans les années à venir sur la base de l’égalité de l’accès aux soins, de la justice sociale, de la qualité et de la responsabilité de chacun, en avant-première de la loi Patient, santé et territoire, qu’elle présentera cet automne.
« Aucune institution ne saurait puiser sa crédibilité de sa seule ancienneté ». C’est pourquoi, reprenant l’expression du président actuel de l’Académie, le Pr Marc Gentilini, elle a fait le vœu que, poursuivant son effort de modernisation, et dans le cadre de « la réforme d’envergure visant à rénover profondément notre système de santé », l’Académie de médecine devienne une sorte de « Sénat sanitaire , éclairant et critique, en raison même de la liberté qui confère toujours paradoxalement l’expérience et la sagesse ».
Répondant aux questions des académiciens, la ministre de la Santé a demandé plus précisément à l’Académie de médecine :
- la poursuite et l’intensification de la réflexion sur les addictions, dans le sens du Plan Santé-jeunes gouvernemental ;
- une contribution à la réflexion, qui démarre, entre les ministères de la Santé et de l’Agriculture, dans le cadre du nouvel Office pour la qualité de l’alimentation ;
- des propositions ciblées par tranches d’âge pour la nouvelle Consultation de prévention destinée aux 16-25 ans ;
- un avis sur l’obésité des enfants, mais aussi des personnes âgées
La ministre a accepté sur le principe l’invitation du Président Marc Gentilini à une séance exceptionnelle sur « la santé et l’Europe » le 13 novembre prochain avec la participation des académies de médecine européennes. Elle a indiqué les grandes lignes de son action dans le cadre de la présidence française de l’Union Européenne : veille et sécurité sanitaires ; maladie d’Alzheimer et autres maladies dégénératives ; le patient dans le système de santé (addictions, prévention au quotidien).
Mme Bachelot a tenu à faire deux mises au point :
- concernant l’ouverture du capital (à des investisseurs non médicaux)des laboratoires de biologie médicale libéraux (et qui inquiète les biologistes demandée par la Commission européenne de Bruxelles, elle a affirmé que la majorité du capital resterait entre les mains des biologistes et des médecins et que l’indépendance de ces professionnels serait garantie ;
- concernant la disparition annoncée de l’Agence de biomédecine, elle s’est insurgée contre une « campagne infondée », assurant qu’on ne toucherait pas à cette structure dont les académiciens ont démontré l’importance.
Source : Académie nationale de médecine, Service de la Communication.
publié le 2 juin 2008
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